Découvrir Tinghir : la ville-oasis de la vallée du Todgha

Installée sur les terrasses qui dominent l’oasis du Todgha, Tinghir occupe une position singulière entre les reliefs du Haut Atlas et les montagnes du Saghro. Beaucoup de voyageurs ne font que traverser la ville avant de rejoindre les célèbres gorges. Tinghir mérite pourtant que l’on s’y arrête pour comprendre un territoire ancien, organisé autour de l’eau, de l’agriculture, des ksour et des circulations entre la montagne et les vallées présahariennes.

La ville moderne s’est développée au milieu d’une oasis habitée depuis des siècles. Depuis les hauteurs, les quartiers récents, les anciens villages de terre et la palmeraie apparaissent réunis dans un même paysage. C’est en prenant le temps de marcher dans les jardins, d’observer les canaux d’irrigation et de parcourir les quartiers anciens que Tinghir révèle véritablement son identité.

Pourquoi faire étape à Tinghir ?

Tinghir est fréquemment présentée comme la porte d’entrée des gorges du Todgha. Cette situation est réelle, mais elle ne suffit pas à résumer la ville. Tinghir constitue d’abord le centre d’une longue vallée oasienne, irriguée par les eaux descendues du Haut Atlas et organisée autour de plusieurs dizaines de ksour.

La ville joue également un rôle de marché et de services pour les villages de la vallée, les communautés montagnardes du Haut Atlas et les populations du Saghro. Sa position sur l’axe reliant Ouarzazate au Tafilalet en a fait depuis longtemps un lieu de passage et d’échange. À la fin du XIXe siècle, le qsar de Tinghir était déjà considéré comme l’une des principales places commerciales du présahara marocain.

Trois éléments résument aujourd’hui son identité :

  • l’oasis, façonnée par l’agriculture irriguée et le partage collectif de l’eau ;
  • les ksour, qui formaient autrefois l’ossature politique et humaine de la vallée ;
  • la ville-marché, devenue progressivement un centre administratif, commercial et routier.

Tinghir permet ainsi d’observer la transformation d’un territoire oasien ancien, progressivement entouré par une ville moderne. La croissance urbaine, les nouvelles constructions et l’ouverture des routes ont profondément modifié les relations entre les villages, les jardins et le centre administratif.

Tinghir et son oasis
Tinghir et son oasis

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Comment Tinghir est-elle devenue une ville ?

Le territoire n’était pas vide avant le développement de l’agglomération actuelle. La vallée du Todgha était structurée par un réseau dense de villages fortifiés. Une étude réalisée à la fin du XXe siècle recensait plus de 64 ksour et leurs extensions modernes dans l’ensemble de la vallée. Chaque communauté disposait de terres, de droits d’eau et d’institutions chargées d’organiser la vie collective.

Le qsar de Tinghir occupait une position centrale. Il se trouvait sur une ancienne voie reliant le Tafilalet et les territoires orientaux aux routes conduisant vers Ouarzazate et Marrakech. Son marché bénéficiait aussi de sa situation entre plusieurs groupes de la vallée et des montagnes environnantes.

Au début du XXe siècle, les Glaoua cherchèrent à imposer leur autorité dans le Todgha. Thami El Glaoui fit construire en 1919 une kasbah sur la hauteur dominant Tinghir. Son pouvoir resta cependant limité à une partie des ksour proches de la ville et ne s’étendit jamais durablement à l’ensemble de la vallée.

Les troupes françaises occupèrent le Todgha les 18 et 19 novembre 1931. Une administration coloniale fut ensuite installée à Tinghir, avec un Bureau des affaires indigènes et de nouveaux équipements. Un marché fut aménagé à la fin des années 1930, renforçant le rôle commercial de la ville.

Après l’indépendance, la construction et le goudronnage des routes accélérèrent les déplacements vers Tinghir. Les villages voisins, notamment Afanour, Tagoumast et d’autres anciens noyaux de peuplement, furent progressivement intégrés à l’agglomération. La ville devint le principal centre administratif et économique du Todgha, avant d’être choisie comme chef-lieu de province en 2009.

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Que voir et faire sur place à Tinghir ?

Observer la ville et la palmeraie depuis les hauteurs

Le paysage de Tinghir se comprend d’abord depuis les points de vue qui dominent la vallée. Depuis les hauteurs proches de l’ancienne kasbah des Glaoua, le regard embrasse les quartiers de la ville, les anciens villages, les jardins de l’oasis et les montagnes qui ferment l’horizon.

Le contraste est particulièrement marqué entre le fond verdoyant de la vallée et les plateaux arides qui l’entourent. Il permet de comprendre comment l’habitat s’est installé sur les terrasses et les bordures de l’oasis afin de préserver les terres cultivables.

Les ruines de l’ancienne kasbah ne constituent pas nécessairement un monument aménagé pour une visite complète. L’intérêt principal du lieu réside aujourd’hui dans le panorama qu’il offre sur la ville et la vallée. L’Office national marocain du tourisme présente également ce point de vue comme l’une des principales entrées dans le paysage de Tinghir.

Marcher dans la palmeraie du Todgha

La palmeraie n’est pas un parc ni un jardin touristique. Elle forme un territoire agricole composé d’une multitude de petites parcelles reliées par des chemins et des canaux d’irrigation. Palmiers-dattiers, oliviers, figuiers, amandiers, céréales, luzerne et cultures maraîchères occupent les différents niveaux de l’oasis.

Une promenade permet de passer de la ville aux jardins, puis de rejoindre certains villages établis de part et d’autre de l’oued. Le parcours n’est pas toujours balisé et les chemins peuvent se diviser entre les parcelles. Un accompagnement local peut être utile pour une marche plus longue ou pour relier précisément plusieurs ksour.

Il convient de rester sur les passages utilisés, de ne pas pénétrer dans les cultures et de respecter les habitants qui travaillent dans les jardins. L’oasis demeure avant tout un espace productif et vivant.

La palmeraie de Tinghir
La palmeraie de Tinghir

Comprendre le partage de l’eau

L’existence de la vallée dépend du Todgha et d’un système ancien de barrages, de seguias et de tours d’eau. Les canaux conduisent l’eau vers les parcelles selon une organisation collective qui a longtemps lié chaque droit d’irrigation à la possession d’une terre.

La nouba désigne le cycle suivant lequel l’eau est distribuée. Chaque communauté, puis chaque groupe et chaque cultivateur, dispose d’une durée déterminée. Une fois le cycle achevé, la distribution recommence dans le même ordre. La maintenance des barrages et des principaux canaux était également assurée collectivement par les habitants des ksour.

Ce système ne constitue pas seulement une technique agricole. Il a façonné les relations sociales et les rapports de pouvoir dans toute la vallée. Contrôler l’eau ou modifier sa répartition pouvait avantager certains villages et en fragiliser d’autres.

Découvrir le centre-ville et son grand souk

Le centre de Tinghir est celui d’une ville administrative et commerçante moderne. Les principales avenues réunissent commerces, cafés, services publics, transports et activités liées au tourisme. Il ne possède pas l’organisation compacte d’une médina impériale.

La promenade permet surtout d’observer le rôle régional de la ville. Tinghir reçoit les habitants des villages de la vallée, du Haut Atlas et du Saghro venus faire leurs achats, vendre leurs produits ou accomplir des démarches administratives.

Le grand souk hebdomadaire se tient traditionnellement le lundi. Il constitue depuis plusieurs décennies l’un des principaux rendez-vous commerciaux du présahara marocain. Comme pour tous les marchés hebdomadaires, son organisation précise peut évoluer et mérite d’être vérifiée localement.

Parcourir les anciens quartiers de Tinghir

Le vieux qsar de Tinghir et les anciens quartiers voisins permettent de retrouver une organisation antérieure à la ville moderne. Les ruelles, les passages couverts et les maisons en terre témoignent d’un habitat conçu pour la protection, la proximité et l’adaptation au climat.

L’état des bâtiments est très variable. Certaines maisons sont entretenues ou restaurées, tandis que d’autres sont abandonnées ou fragilisées. Ces quartiers ne doivent pas être parcourus comme des ruines désertes : ils restent en partie habités et demandent discrétion et respect.

La ville moderne a progressivement enveloppé ces anciens noyaux. Leur lecture est donc moins immédiate que dans un ksar isolé, mais elle permet de comprendre comment Tinghir s’est développée par juxtaposition et extension.

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Retrouver la mémoire juive de Tinghir

Tinghir et plusieurs villages de la vallée ont accueilli d’importantes communautés juives. Elles étaient notamment présentes dans les qsour de Tinghir, Taourirt, Aït Ourjdal et Asfalou. Les familles juives participaient au commerce, à l’artisanat et au travail de l’argent et de l’or.

La majorité de cette population quitta la vallée au cours des années 1940 et 1950. Les anciens mellahs, les cimetières et les souvenirs conservés par les habitants constituent aujourd’hui les principales traces locales de cette présence.

Cette mémoire a été remise en lumière par le réalisateur Kamal Hachkar dans le documentaire Tinghir-Jérusalem, les échos du Mellah. Le film fait dialoguer les habitants de Tinghir avec des Juifs originaires de la vallée établis en Israël et interroge les liens maintenus avec la terre de départ.

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Que voir autour de Tinghir ?

Les gorges du Todgha

À une quinzaine de kilomètres du centre de Tinghir, la vallée se resserre progressivement entre de hautes parois rocheuses. Les gorges du Todgha constituent le paysage le plus connu de la région et l’un des principaux sites naturels du Sud-Est marocain.

Le passage le plus spectaculaire est formé par un défilé étroit dominé par des falaises qui dépassent localement 300 mètres. Une route goudronnée traverse les gorges et permet de poursuivre vers la haute vallée. Le site est également devenu un important lieu d’escalade.

La facilité d’accès ne doit pas faire oublier le caractère naturel du lieu. La circulation, le stationnement et l’affluence peuvent être importants. Pour mieux découvrir les gorges, il est préférable de quitter ponctuellement la route et d’effectuer une marche avec une personne connaissant les sentiers.

Après de fortes pluies, il faut se renseigner sur les conditions locales avant de s’engager dans les passages encaissés.

Tizgui et les villages de la haute oasis

Avant d’atteindre le défilé, la route traverse les villages et les jardins de la haute vallée. Tizgui forme l’un des principaux ensembles habités à l’entrée des gorges.

Cette partie du Todgha permet de mieux comprendre la continuité entre la source, les villages, les terres cultivées et la palmeraie située en aval. Plusieurs promenades rejoignent les jardins, les canaux et les hauteurs dominant la vallée.

La haute oasis possède davantage d’eau que les secteurs situés en aval. Elle a donc longtemps bénéficié de droits d’irrigation plus favorables et d’une agriculture plus régulière.

Visiter l’ancienne mosquée-médersa Ikelane à Afanour

À 2 km de Tinghir, l’ancien ksar d’Ikelane, dans le secteur d’Afanour, conserve une mosquée-médersa en terre particulièrement intéressante. L’édifice réunissait autrefois plusieurs fonctions : lieu de prière, espace d’enseignement et hébergement pour les étudiants venus d’autres territoires.

Son architecture intérieure reflète cette organisation avec une salle de prière, des espaces d’étude, des lieux destinés aux ablutions et d’anciennes pièces d’hébergement. Une partie de l’ensemble a été entretenue et restaurée grâce à des initiatives locales.

Les conditions d’accès doivent être vérifiées sur place. Il ne s’agit pas d’un monument disposant nécessairement d’horaires fixes ou d’un accueil touristique permanent.

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La mosquée Afanour - Par A. Azizi
La mosquée Afanour – Par A. Azizi

Tamtatouchte, un village au-delà des gorges

En poursuivant la route au-delà du Todgha, le paysage s’élargit et prend un caractère plus montagnard. Tamtatouchte se trouve à environ 18 km des gorges et à une trentaine de kilomètres de Tinghir.

Le village est entouré de reliefs arides, de terres cultivées et d’anciennes constructions en pierre et en terre. Il constitue une belle prolongation de l’excursion pour découvrir un autre visage du Haut Atlas, plus rural et éloigné des grands axes.

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Le village de Tamtatouchte près de Tinghir - Par A. Azizi
Le village de Tamtatouchte près de Tinghir – Par A. Azizi

Comment se rendre à Tinghir ?

Depuis Ouarzazate

La N10 traverse Skoura, Kelaat M’Gouna et Boumalne Dadès avant d’atteindre Tinghir. Le trajet couvre environ 165 km et demande généralement près de 2 h 30.

La route est goudronnée et constitue l’un des grands axes du Sud-Est marocain. Elle permet de rejoindre plusieurs vallées et sites importants, mais les traversées de villages et la circulation peuvent allonger le temps de parcours.

Depuis Errachidia et le Tafilalet

La N10 relie Errachidia à Tinghir en passant notamment par Goulmima et Tinejdad. Comptez environ 135 km et près de deux heures de conduite.

Cet itinéraire permet de rejoindre Tinghir depuis Erfoud, Rissani et Merzouga en poursuivant vers l’ouest après le Tafilalet.

En transport collectif

Des bus et de grands taxis relient Tinghir à Ouarzazate, Errachidia, Marrakech et plusieurs villes du Sud-Est. Les fréquences et les horaires variant selon les compagnies et les périodes, il est préférable de les vérifier directement à la gare routière ou auprès du transporteur.

Pour rejoindre les gorges du Todgha et les villages de la haute vallée, les déplacements s’effectuent principalement en taxi ou avec un transport réservé localement.

Par les routes de montagne

Tinghir est également reliée au Haut Atlas par la route passant par les gorges, Tamtatouchte et Aït Hani. Cet itinéraire traverse des secteurs d’altitude et peut être affecté par la neige, les pluies, les crues ou des travaux.

Avant de poursuivre vers Aït Hani ou Imilchil, il est prudent de vérifier localement l’état réel de la route.

Où dormir à Tinghir ?

Le centre-ville convient aux voyageurs qui souhaitent disposer facilement des commerces, des restaurants, de la gare routière et des taxis. Il est pratique pour une étape ou pour rayonner dans plusieurs directions.

Les hébergements situés à proximité de la palmeraie offrent généralement davantage de calme et une relation plus directe avec le paysage oasien. Ils permettent aussi de commencer certaines promenades sans traverser tout le centre urbain.

La route des gorges et les villages de la haute vallée constituent une troisième possibilité. Cette zone convient particulièrement aux voyageurs souhaitant marcher, pratiquer l’escalade ou passer davantage de temps dans le Todgha.

Pour choisir, il faut donc distinguer trois usages :

la haute vallée et les gorges pour la montagne et les activités de pleine nature ;

le centre de Tinghir pour les services et les transports ;

la bordure de la palmeraie pour le calme et les promenades.

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Quand visiter Tinghir ?

Le printemps et l’automne offrent généralement les températures les plus agréables pour parcourir la ville, marcher dans la palmeraie et explorer les vallées environnantes.

Au printemps, l’oasis profite de la reprise de la végétation et les montagnes peuvent encore conserver de la neige sur leurs sommets. C’est aussi la saison de floraison des roses de Damas dans la vallée des Roses, autour de Kelaat M’Gouna ; les dates du Festival des Roses varient selon les éditions.

L’été peut être très chaud dans la ville et au fond de la vallée. Les promenades sont alors plus agréables tôt le matin ou en fin de journée. Les gorges offrent de l’ombre dans certains secteurs, mais elles peuvent être très fréquentées.

L’hiver est généralement calme, mais les nuits sont froides et les routes d’altitude peuvent être affectées par la neige. Après de fortes précipitations, il faut également rester attentif au risque de crue dans les vallées et les passages encaissés.

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Les roses de Damas - Par A. Azizi
Les roses de Damas – Par A. Azizi

Au-delà de Tinghir

Boumalne Dadès et les gorges du Dadès

À une cinquantaine de kilomètres à l’ouest de Tinghir, Boumalne Dadès ouvre l’accès à une autre grande vallée du versant sud du Haut Atlas. La route remonte le cours du Dadès en traversant des villages, des jardins, des kasbahs et des formations géologiques aux formes parfois spectaculaires.

Les gorges du Dadès se découvrent comme un itinéraire progressif. Contrairement au passage très resserré du Todgha, elles forment une succession de vallées ouvertes, de défilés, de falaises et de resserrements rocheux. Les formations surnommées les « doigts de singe » et la route en lacets de Tisdrine en constituent les images les plus connues.

La vallée mérite d’être parcourue lentement. Les plus beaux paysages ne se trouvent pas tous au même endroit et les distances sont plus importantes qu’elles ne le paraissent sur une carte.

Kelaat M’Gouna, la vallée des Roses et le M’Goun

Plus à l’ouest, Kelaat M’Gouna marque l’entrée de la vallée des Roses. Les cultures se développent notamment le long des vallées du Dadès et du M’Goun, où les jardins, les villages et les kasbahs occupent les terres irriguées.

La route vers Boutaghrar et les villages du M’Goun permet de pénétrer dans un territoire plus rural, fait de plateaux, de vallées encaissées et de villages de terre. Le massif du M’Goun domine cet ensemble montagnard, mais son ascension relève d’un véritable trek d’altitude et ne doit pas être confondue avec une excursion ordinaire.

Le Festival des Roses se déroule généralement au printemps à Kelaat M’Gouna. Ses dates variant selon les éditions, elles doivent être vérifiées avant le voyage.

Le Jbel Saghro, Ikniouen et Bougafer

Au sud de Tinghir s’étend le Jbel Saghro, massif aride situé entre les vallées présahariennes et le reste de l’Anti-Atlas. Ses plateaux, ses pitons rocheux et ses vallées isolées offrent des paysages très différents de ceux du Haut Atlas.

Ikniouen constitue l’un des principaux accès à cette partie du Saghro. Le territoire est lié à la présence des Aït Atta et à la mémoire de la bataille de Bougafer, au cours de laquelle leur résistance aux troupes françaises se poursuivit jusqu’en 1933.

La découverte du Saghro demande davantage de préparation qu’une excursion dans la vallée du Todgha. Les distances, la rareté de l’eau, l’état des pistes et l’absence de signalisation imposent de partir avec un accompagnateur sérieux pour les itinéraires éloignés.

Vers Tinejdad et l’oasis du Ferkla

À l’est de Tinghir, la N10 conduit vers Tinejdad et l’oasis du Ferkla. Le ksar d’El Khorbat constitue l’un des sites les plus intéressants de cet itinéraire.

Toujours habité, le ksar permet d’observer l’organisation intérieure d’un village fortifié en terre. Il abrite également un musée consacré aux oasis, présentant des objets, des techniques et des aspects de la vie quotidienne dans le Sud-Est marocain.

Cette route peut ensuite être poursuivie vers Goulmima, Errachidia et le Tafilalet.

Imider et l’histoire minière de la province

À l’ouest de Tinghir, le territoire d’Imider est associé à l’un des principaux gisements argentifères du Maroc. La mine d’Imiter est exploitée par la Société métallurgique d’Imiter, filiale du groupe Managem, et produit de l’argent métallique.

La mine n’est pas un site touristique ordinaire. Elle constitue toutefois un élément important de l’histoire économique et sociale de la province. Son exploitation a suscité des débats et un long mouvement local autour de l’accès à l’eau, de l’emploi et de la répartition des bénéfices tirés des ressources du territoire.

Imider rappelle que les paysages de la province ne doivent pas être regardés uniquement sous l’angle touristique. Ils sont aussi des espaces de travail, d’extraction, de revendication et de transformation sociale.

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Ksar d’El Khorbat
Ksar d’El Khorbat

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L’avis de sudestmaroc.com

Tinghir souffre d’être trop souvent réduite aux gorges du Todgha. Beaucoup de voyageurs traversent rapidement son centre, montent jusqu’au défilé rocheux puis reprennent immédiatement la route.

L’intérêt de la ville apparaît pourtant lorsque l’on prend de la hauteur et que l’on observe la palmeraie dans son ensemble. Tinghir raconte la construction d’une ville moderne au milieu d’une vallée beaucoup plus ancienne : une vallée de ksour, de jardins, de canaux et de communautés longtemps organisées autour du partage de l’eau.

La ville elle-même ne possède pas un monument emblématique capable de résumer toute son histoire. Sa richesse réside dans la relation entre ses différents éléments : les anciens quartiers, les terres cultivées, le souk, la mémoire juive, la montagne et les villages qui accompagnent le Todgha jusqu’aux gorges.

Tinghir mérite donc mieux qu’un simple passage. Elle constitue l’un des meilleurs points d’entrée pour comprendre le fonctionnement d’une oasis habitée et découvrir la diversité des territoires situés entre le Haut Atlas, le Saghro, le Dadès et les portes du Tafilalet.

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