Découvrir Ouarzazate : la ville-carrefour du Sud-Est marocain
L’avis de sudestmaroc.com
Beaucoup de voyageurs ne voient de Ouarzazate qu’une étape entre Marrakech, les vallées du Sud-Est et le désert. La ville gagne pourtant à être considérée comme un point d’ancrage plutôt que comme un simple lieu de passage. Développée à partir de la fin des années 1920 à proximité de la casbah de Taourirte, elle est entourée de plusieurs sites naturels et historiques qui méritent que l’on prenne le temps de les découvrir. Une seule nuitée suffira à peine pour apprécier ce qui fait sa qualité ultime : depuis Ouarzazate commence le Sud-Est marocain.
Ouarzazate, une ville-carrefour née aux portes du désert
Ouarzazate occupe une position singulière au cœur du Sud-Est marocain. Au nord, les routes franchissent le Haut Atlas vers Marrakech ; à l’est, elles rejoignent Skoura, le Dadès et Tinghir ; au sud, elles descendent vers Agdz et la vallée du Drâa ; à l’ouest, elles ouvrent sur Aït Ben Haddou, le massif du Siroua et le Souss. Cette situation en a fait l’un des principaux centres administratifs, économiques et touristiques de la région, mais aussi une base pratique pour rayonner dans plusieurs directions sans changer chaque jour d’hébergement.
La ville elle-même ne possède ni l’ancienne médina d’une cité historique ni le caractère immédiatement spectaculaire d’un ksar. Son identité s’est construite par couches successives : l’ancienne oasis et ses villages de terre, la casbah de Taourirte et la mémoire des Glaoua, le centre administratif créé sous le Protectorat, puis le tourisme, le cinéma et, plus récemment, le complexe solaire Noor. Cette superposition explique le visage parfois difficile à lire de Ouarzazate, ville moderne posée dans un territoire beaucoup plus ancien.
Avant la naissance du centre urbain actuel, Ouarzazate désignait d’ailleurs l’oasis et sa palmeraie plutôt qu’une ville. Autour de l’oued étaient établis plusieurs ksour, casbahs et espaces cultivés, parmi lesquels Taourirte, Tabounte et Tifoultoute. Agriculture, élevage et circulation entre l’Atlas et les vallées présahariennes structuraient ce territoire rural. Dominant l’oued, la casbah de Taourirte prit une importance particulière à la fin du XIXe siècle dans le réseau de pouvoir des Glaoua.
La transformation commence véritablement dans les années 1920. Un terrain d’atterrissage est aménagé en 1926 et le premier avion se pose cette même année. En 1928, un poste des Affaires indigènes et une garnison sont installés, tandis que la route franchissant le Tizi n’Tichka atteint Ouarzazate en décembre. Le développement du nouveau centre s’accélère ensuite : administration, routes, infirmerie, commerces et habitations apparaissent progressivement, tandis que le lieutenant-colonel Chardon trace au début des années 1930 les plans du futur centre urbain. L’arrêté viziriel du 13 décembre 1933 puis le dahir du 8 mai 1934 lui donnent une existence juridique. En moins d’une décennie, une ville moderne se constitue ainsi à côté des anciens noyaux de l’oasis, dans le contexte de l’expansion militaire et administrative du Protectorat français dans le Sud marocain.
Après l’indépendance, Ouarzazate poursuit son expansion. Le développement des services et des routes, la construction du barrage El Mansour Eddahbi, l’essor du tourisme puis de l’industrie cinématographique modifient son économie et son paysage. Le complexe solaire Noor ajoute aujourd’hui une nouvelle dimension à cette histoire.
Mais la géographie demeure : près d’un siècle après la création de la ville moderne, Ouarzazate reste avant tout un carrefour entre le Haut Atlas et les grandes vallées du Sud-Est marocain.
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Que voir et faire sur place à Ouarzazate ?
Visiter la casbah de Taourirte
La casbah de Taourirte est le principal monument historique de Ouarzazate. Ses hautes murailles, ses tours de terre et ses salles décorées témoignent de l’importance politique prise par les Glaoua dans la région à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.
Le palais ne représente toutefois qu’une partie de l’ensemble. Autour de lui s’étend l’ancien village de Taourirte, avec ses ruelles étroites, ses passages couverts, ses maisons de terre et quelques échoppes. Une partie du quartier reste habitée et doit être parcourue avec discrétion.
Depuis les abords de la casbah, le regard porte également sur l’oued et sur les traces de l’ancienne oasis. Cette relation entre la résidence fortifiée, le village et les terres cultivées permet de mieux comprendre l’organisation du territoire avant la croissance de la ville moderne.
L’état d’ouverture de certaines parties du monument peut varier en fonction des travaux de consolidation ou de restauration. Il est préférable de vérifier les conditions de visite sur place.
Approfondir : Casbah de Taourirte

Découvrir le musée du cinéma
Installé face à la casbah de Taourirte, le musée du cinéma occupe un ancien espace de tournage. Il rassemble des décors, costumes, accessoires et équipements ayant servi à différentes productions réalisées dans la région.
La visite permet d’observer de près la fabrication d’un décor et les artifices utilisés pour transformer un bâtiment ou une cour en palais antique, en temple ou en demeure orientale. Certains espaces ont cependant vieilli et l’intérêt de la visite dépend aussi de leur état d’entretien au moment du passage.
Le musée constitue une introduction simple à l’histoire cinématographique de Ouarzazate avant de rejoindre les studios situés à l’extérieur de la ville.
Avenue Mohammed V – En face de la Casbah de TaourirteVisiter les studios de cinéma
Plusieurs studios ont été aménagés le long de la route de Marrakech. Ils conservent des décors construits pour des films, des séries télévisées et des productions internationales tournées à Ouarzazate et dans les paysages environnants.
La visite montre comment le bois, le plâtre, les fibres et les peintures sont utilisés pour donner l’apparence de la pierre, du métal ou de monuments anciens. Certains décors sont conservés pendant plusieurs années, tandis que d’autres sont transformés ou détruits après un tournage.
L’accès aux différents espaces dépend des productions en cours. Les conditions et les horaires doivent donc être vérifiés directement auprès des studios.
Le cinéma de Ouarzazate ne se limite pas à ces enceintes. Aït Ben Haddou, Fint, la vallée de l’Ounila, Skoura et les plateaux environnants ont également servi de décors naturels à de nombreux tournages.
Approfondir : Ouarzazate, ville du cinéma

Parcourir le centre-ville
Le centre de Ouarzazate est celui d’une ville administrative et commerçante moderne. L’avenue Mohammed V et les rues voisines réunissent commerces, cafés, services publics, transports et activités liées au tourisme. La ville ne possède pas l’organisation compacte d’une médina ancienne.
Retrouver les traces de l’ancienne oasis
La croissance de Ouarzazate a largement recouvert ou fragmenté les anciens espaces agricoles. Des jardins, des palmiers et des parcelles cultivées subsistent néanmoins autour de Taourirte, de Tabounte et le long de l’oued.
Ces paysages sont moins immédiatement lisibles que les grandes palmeraies de Skoura ou de Tinghir. Ils rappellent pourtant qu’avant de devenir une ville administrative, Ouarzazate appartenait à une oasis rurale dont les habitants vivaient de cultures adaptées à un climat sec et à une disponibilité irrégulière de l’eau.
A lire : La palmeraie de Skoura, l’oasis par excellence
Que voir autour d’Ouarzazate ?
Le ksar d’Aït Ben Haddou
À une trentaine de kilomètres de Ouarzazate, Aït Ben Haddou constitue l’un des ensembles d’architecture de terre les plus célèbres du Maroc. Le ksar rassemble des habitations, des greniers et des bâtiments collectifs protégés par une enceinte fortifiée.
Son inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1987 reconnaît sa valeur comme exemple remarquable d’habitat présaharien du Sud marocain. Le site a également servi de décor à de nombreuses productions cinématographiques.
Aït Ben Haddou mérite davantage qu’un arrêt photographique. Il faut traverser l’oued, parcourir les ruelles et monter progressivement jusqu’au grenier collectif pour comprendre son organisation et observer la vallée de l’Ounila.
Découvrir : Ksar d’Aït Ben Haddou : le village de terre devenu icône

La casbah de Tifoultoute
À environ 8 km de Ouarzazate, la casbah de Tifoultoute domine la vallée de l’oued depuis un promontoire rocheux. Elle appartenait, comme Taourirte, au réseau de résidences et de centres de contrôle développés par les Glaoua dans la région.
Le site offre surtout un beau panorama sur les terres cultivées, les villages et les plateaux environnants. L’état du bâtiment et ses conditions d’accès ayant évolué au fil des années, il est prudent de vérifier localement si une visite intérieure est possible.

L’oasis de Fint
À une douzaine de kilomètres de la ville, l’oasis de Fint apparaît au fond d’une vallée encaissée entourée de collines sombres. Après la traversée d’un plateau presque entièrement minéral, la descente vers les palmiers, les jardins et les villages de terre produit un contraste saisissant.
Fint n’est pas seulement un point de vue. L’oasis demeure habitée et cultivée. Une marche entre les villages permet d’observer les canaux, les parcelles agricoles et l’organisation de cette vallée longtemps restée à l’écart des grands axes.
La route d’accès et les pistes peuvent être dégradées après de fortes pluies. Un véhicule adapté ou une vérification préalable des conditions locales peut être utile.
Découvrir : Oasis de Fint : une vallée discrète aux portes d’Ouarzazate

Le complexe solaire Noor Ouarzazate
Le complexe Noor se trouve sur le territoire de la commune de Ghassate, à une dizaine de kilomètres de Ouarzazate. Ses alignements de miroirs et la haute tour de la centrale Noor III sont visibles depuis plusieurs points du plateau.
Le site réunit différentes technologies de production solaire, notamment des centrales thermodynamiques à concentration et une installation photovoltaïque. Il occupe une place majeure dans la stratégie énergétique développée par le Maroc.
Noor n’est cependant pas un monument touristique librement accessible. Les entrées sont contrôlées et les éventuelles visites doivent être organisées ou vérifiées à l’avance. Le complexe doit surtout être compris comme l’un des éléments du paysage contemporain de Ouarzazate.
Approfondir : La centrale solaire Noor Ouarzazate

Le lac El Mansour Eddahbi
À l’est de la ville, le barrage El Mansour Eddahbi retient les eaux qui alimentent notamment la vallée du Drâa. Le lac forme un vaste paysage ouvert, entouré de plateaux arides et de reliefs aux couleurs changeantes.
Le niveau de l’eau varie fortement selon les années et les précipitations. Le site ne constitue ni une plage aménagée ni un espace de baignade surveillé. Son intérêt réside surtout dans les paysages et dans l’observation des oiseaux présents sur les berges et les zones humides.
La retenue appartient au site Ramsar du Moyen Drâa, une vaste zone humide d’importance internationale couvrant plusieurs milieux de la province de Ouarzazate.
A lire : Elhara, un village englouti dans le lac et couvé dans le cœur de ses enfants

Comment se rendre à Ouarzazate ?
Depuis Marrakech
La N9 franchit le Haut Atlas par le col du Tizi n’Tichka avant de redescendre vers la vallée de l’Ounila et Ouarzazate. Le trajet couvre environ 195 km, mais la route de montagne, les virages et les traversées de villages allongent la durée du voyage.
En hiver, la neige peut perturber temporairement la circulation sur le col. De fortes pluies, des travaux ou des éboulements peuvent également ralentir le trajet. Il est conseillé de vérifier l’état de la route avant le départ lorsque les conditions météorologiques sont mauvaises.
Depuis Tinghir et l’est du Sud-Est
La N10 relie Tinghir à Ouarzazate en passant par Boumalne Dadès, Kelaat M’Gouna et Skoura. Cet itinéraire traverse successivement la vallée du Todgha, le Dadès, la vallée des Roses et la palmeraie de Skoura.
La route est goudronnée et relativement facile, mais les traversées de villages et la circulation peuvent augmenter le temps de parcours.
Découvrir : Découvrir Tinghir : la ville-oasis de la vallée du Todgha
Depuis Zagora et la vallée du Drâa
La N9 remonte la vallée du Drâa jusqu’à Agdz, puis franchit le col de Tizi n’Tinififft avant d’atteindre Ouarzazate. Le trajet permet d’observer une transition progressive entre la longue palmeraie du Drâa et les plateaux minéraux entourant la ville.
Depuis Agadir et le Souss
La route passe généralement par Taroudant, Taliouine et Tazenakht. Cet itinéraire traverse les territoires du safran et du tapis Aït Ouaouzguite avant de rejoindre Ouarzazate par l’ouest.
En transport collectif et en avion
Des autocars et de grands taxis relient Ouarzazate à Marrakech, Agadir, Zagora, Tinghir, Errachidia et plusieurs autres villes. Les horaires et les points de départ évoluant régulièrement, il est préférable de les vérifier directement auprès des compagnies ou à la gare routière.
Ouarzazate dispose également d’un aéroport. Les destinations et fréquences changent selon les saisons et les programmes des compagnies aériennes. Il faut consulter les horaires actualisés avant d’organiser son voyage.
Approfondir : Transport à Ouarzazate : comment venir et se déplacer dans la région


Où dormir à Ouarzazate ?
Le centre-ville convient aux voyageurs souhaitant rester proches des commerces, des restaurants, des taxis et des services. Cette localisation est pratique pour une étape courte ou pour les personnes sans véhicule.
Le secteur de Taourirte et de la zone touristique permet de rejoindre facilement la casbah, le musée du cinéma et l’avenue Mohammed V. Plusieurs hébergements disposent également de vues sur l’oued ou sur les anciens quartiers.
La route de Marrakech et le secteur des studios conviennent davantage aux voyageurs motorisés et à ceux qui souhaitent visiter les sites liés au cinéma ou rejoindre rapidement Aït Ben Haddou.
Enfin, les villages et oasis des environs offrent davantage de calme et une relation plus directe avec le paysage rural. Cette solution nécessite généralement un véhicule ou l’organisation préalable des déplacements.
Pour choisir, il faut donc distinguer quatre usages :
- le centre pour les services et les transports ;
- le centre pour les services et les transports ;
- Taourirte pour le patrimoine et la proximité de la ville ;
- la route de Marrakech pour les studios et Aït Ben Haddou.
- les environs pour le calme et les paysages ;
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Quand visiter Ouarzazate ?
Le printemps et l’automne offrent généralement les meilleures conditions pour parcourir la ville et organiser des excursions dans les environs. Les journées sont souvent lumineuses et les températures permettent de marcher plus facilement.
L’été est chaud, surtout au milieu de la journée. Les visites sont alors plus agréables tôt le matin ou en fin d’après-midi. L’air sec et l’altitude rendent toutefois les soirées plus supportables que dans certaines vallées situées plus au sud.
L’hiver est souvent ensoleillé, mais les nuits peuvent être froides. La neige sur le Haut Atlas peut perturber ponctuellement les routes de Marrakech et de Telouet.
Après de fortes précipitations, il convient de rester attentif aux crues, à l’état des pistes et aux passages proches des oueds.
Pour plus d’informations : contactez-nous
Au-delà d’Ouarzazate
La vallée de l’Ounila et Telouet
Depuis Aït Ben Haddou, la route de la vallée de l’Ounila traverse Tamdakht, Anmiter et plusieurs villages de terre avant de rejoindre la casbah de Telouet. Cet itinéraire offre l’une des plus belles traversées du versant sud du Haut Atlas.
Les paysages associent vallées cultivées, falaises colorées, anciens greniers, villages et résidences liées à l’histoire des Glaoua.
Découvrir : Casbah de Telouet : le palais des Glaoua dans le Haut Atlas


Skoura, le Dadès et Tinghir
À l’est de Ouarzazate, la N10 rejoint d’abord la palmeraie de Skoura, vaste territoire agricole parsemé de villages et de casbahs. Elle se poursuit ensuite vers Kelaat M’Gouna, la vallée des Roses, Boumalne Dadès et Tinghir.
Cette route permet de découvrir progressivement plusieurs grandes vallées du Sud-Est, chacune organisée autour de ses villages, de ses cultures et de ses systèmes d’irrigation.
Agdz, la vallée du Drâa et Zagora
Au sud, la route franchit les reliefs du Jbel Saghro avant de descendre vers Agdz et la vallée du Drâa. La palmeraie accompagne ensuite l’oued sur plus d’une centaine de kilomètres en direction de Zagora et de M’Hamid El Ghizlane.
A découvrir : M’Hamid El Ghizlane : seuil vers le désert
Tazenakht et le massif du Siroua
Vers l’ouest, la route de Tazenakht ouvre l’accès aux paysages volcaniques du Siroua et au territoire des tapis Aït Ouaouzguite. Elle permet ensuite de poursuivre vers Taliouine, Taroudant et Agadir.
Ce secteur, moins fréquenté que les routes du Drâa ou du Dadès, constitue un autre prolongement naturel d’un séjour à Ouarzazate.
Approfondir : L’art du tapis berbère

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