Découvrir Ouarzazate : la ville-carrefour du Sud-Est marocain
Beaucoup de voyageurs ne voient de Ouarzazate qu’une étape entre Marrakech, les vallées du Sud-Est et le désert. La ville mérite pourtant d’être observée pour elle-même. Construite à partir de la fin des années 1920 à proximité d’anciens ksour et de la casbah de Taourirte, elle est devenue successivement un centre administratif, une capitale régionale du cinéma et l’un des symboles du développement de l’énergie solaire au Maroc.
Ouarzazate ne possède ni médina ancienne ni grand centre monumental. Son intérêt se découvre autrement, dans la rencontre entre une ville moderne, l’architecture de terre, la mémoire des Glaoua, les paysages arides et les routes qui conduisent vers le Haut Atlas, la vallée du Drâa, le Dadès et les oasis du Sud-Est.
Pourquoi faire étape à Ouarzazate ?
Ouarzazate est souvent présentée comme une porte conduisant vers le désert. Cette image traduit sa position sur les routes du Sud marocain, mais elle ne résume pas son identité. La ville appartient pleinement au Sud-Est et constitue l’un de ses principaux centres administratifs, économiques et touristiques.
Sa situation permet de rayonner dans plusieurs directions sans changer chaque jour d’hébergement. Aït Ben Haddou, l’oasis de Fint, Skoura, la vallée de l’Ounila et les premiers paysages de la vallée du Drâa restent accessibles lors d’excursions à la journée. Ouarzazate dispose également des commerces, transports et services utiles avant de poursuivre vers des territoires plus isolés.
Quatre éléments permettent de comprendre la ville actuelle :
- Taourirte et l’ancienne oasis, qui existaient avant la création du centre urbain ;
- la ville administrative, aménagée à partir de la fin des années 1920 ;
- le cinéma, qui a donné à Ouarzazate une visibilité internationale ;
- l’énergie solaire, désormais très présente dans son paysage et son image.
La ville elle-même ne possède pas le caractère immédiatement spectaculaire d’un ksar ancien ou d’une vallée encaissée. Son intérêt réside dans la superposition de ces différentes histoires et dans sa position de carrefour entre le Haut Atlas, le Drâa, le Dadès et le massif du Siroua.

Comment Ouarzazate est-elle devenue une ville ?
Avant la création de la ville moderne, le territoire était occupé par plusieurs ksour, casbahs et espaces cultivés établis autour de l’oued Ouarzazate. Taourirte, Tabounte, Tifoultoute et d’autres noyaux d’habitat formaient un ensemble rural dispersé, organisé autour de l’agriculture, de l’élevage et des routes reliant l’Atlas aux vallées présahariennes.
La casbah de Taourirte occupait une position dominante au-dessus de l’oued. Développée et remaniée à différentes périodes, elle devint à la fin du XIXe siècle un important centre de pouvoir des Glaoua. Le village voisin accueillait une population diverse comprenant notamment des familles amazighes, haratines et juives.
La ville actuelle apparut beaucoup plus tard. Une première piste d’aviation fut aménagée en 1926. Une redoute militaire fut construite en 1928 sur les hauteurs dominant l’oued, puis des bureaux administratifs, une garnison, une infirmerie et différents équipements furent installés au début des années 1930.
Les reliefs furent en partie nivelés, des voies furent tracées et de nouvelles habitations apparurent le long de l’actuelle avenue Mohammed V. Des textes adoptés en 1933 et 1934 donnèrent une existence juridique au nouveau centre urbain. La période comprise entre 1926 et 1936 marque ainsi la véritable naissance de la ville moderne.
Après l’indépendance, Ouarzazate continua de s’étendre et absorba progressivement plusieurs anciens noyaux d’habitat. L’ouverture des routes, le développement des services publics, la construction du barrage El Mansour Eddahbi, l’essor du tourisme puis de l’industrie cinématographique transformèrent profondément son économie et son paysage.
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Que voir et faire sur place à Ouarzazate ?
Visiter la casbah de Taourirte
La casbah de Taourirte est le principal monument historique de Ouarzazate. Ses hautes murailles, ses tours de terre et ses salles décorées témoignent de l’importance politique prise par les Glaoua dans la région à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.
Le palais ne représente toutefois qu’une partie de l’ensemble. Autour de lui s’étend l’ancien village de Taourirte, avec ses ruelles étroites, ses passages couverts, ses maisons de terre et quelques échoppes. Une partie du quartier reste habitée et doit être parcourue avec discrétion.
Depuis les abords de la casbah, le regard porte également sur l’oued et sur les traces de l’ancienne oasis. Cette relation entre la résidence fortifiée, le village et les terres cultivées permet de mieux comprendre l’organisation du territoire avant la croissance de la ville moderne.
L’état d’ouverture de certaines parties du monument peut varier en fonction des travaux de consolidation ou de restauration. Il est préférable de vérifier les conditions de visite sur place.
Approfondir : Casbah de Taourirte

Découvrir le musée du cinéma
Installé face à la casbah de Taourirte, le musée du cinéma occupe un ancien espace de tournage. Il rassemble des décors, costumes, accessoires et équipements ayant servi à différentes productions réalisées dans la région.
La visite permet d’observer de près la fabrication d’un décor et les artifices utilisés pour transformer un bâtiment ou une cour en palais antique, en temple ou en demeure orientale. Certains espaces ont cependant vieilli et l’intérêt de la visite dépend aussi de leur état d’entretien au moment du passage.
Le musée constitue une introduction simple à l’histoire cinématographique de Ouarzazate avant de rejoindre les studios situés à l’extérieur de la ville.
Visiter les studios de cinéma
Plusieurs studios ont été aménagés le long de la route de Marrakech. Ils conservent des décors construits pour des films, des séries télévisées et des productions internationales tournées à Ouarzazate et dans les paysages environnants.
La visite montre comment le bois, le plâtre, les fibres et les peintures sont utilisés pour donner l’apparence de la pierre, du métal ou de monuments anciens. Certains décors sont conservés pendant plusieurs années, tandis que d’autres sont transformés ou détruits après un tournage.
L’accès aux différents espaces dépend des productions en cours. Les conditions et les horaires doivent donc être vérifiés directement auprès des studios.
Le cinéma de Ouarzazate ne se limite pas à ces enceintes. Aït Ben Haddou, Fint, la vallée de l’Ounila, Skoura et les plateaux environnants ont également servi de décors naturels à de nombreux tournages.
Approfondir : Ouarzazate, ville du cinéma

Parcourir le centre-ville
Le centre de Ouarzazate est celui d’une ville administrative et commerçante moderne. L’avenue Mohammed V et les rues voisines réunissent commerces, cafés, services publics, transports et activités liées au tourisme. La ville ne possède pas l’organisation compacte d’une médina ancienne.
Retrouver les traces de l’ancienne oasis
La croissance de Ouarzazate a largement recouvert ou fragmenté les anciens espaces agricoles. Des jardins, des palmiers et des parcelles cultivées subsistent néanmoins autour de Taourirte, de Tabounte et le long de l’oued.
Ces paysages sont moins immédiatement lisibles que les grandes palmeraies de Skoura ou de Tinghir. Ils rappellent pourtant qu’avant de devenir une ville administrative, Ouarzazate appartenait à une oasis rurale dont les habitants vivaient de cultures adaptées à un climat sec et à une disponibilité irrégulière de l’eau.
A lire : La palmeraie de Skoura, l’oasis par excellence
Que voir autour d’Ouarzazate ?
Le ksar d’Aït Ben Haddou
À une trentaine de kilomètres de Ouarzazate, Aït Ben Haddou constitue l’un des ensembles d’architecture de terre les plus célèbres du Maroc. Le ksar rassemble des habitations, des greniers et des bâtiments collectifs protégés par une enceinte fortifiée.
Son inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO en 1987 reconnaît sa valeur comme exemple remarquable d’habitat présaharien du Sud marocain. Le site a également servi de décor à de nombreuses productions cinématographiques.
Aït Ben Haddou mérite davantage qu’un arrêt photographique. Il faut traverser l’oued, parcourir les ruelles et monter progressivement jusqu’au grenier collectif pour comprendre son organisation et observer la vallée de l’Ounila.
Découvrir : Ksar d’Aït Ben Haddou : le village de terre devenu icône

La casbah de Tifoultoute
À environ 8 km de Ouarzazate, la casbah de Tifoultoute domine la vallée de l’oued depuis un promontoire rocheux. Elle appartenait, comme Taourirte, au réseau de résidences et de centres de contrôle développés par les Glaoua dans la région.
Le site offre surtout un beau panorama sur les terres cultivées, les villages et les plateaux environnants. L’état du bâtiment et ses conditions d’accès ayant évolué au fil des années, il est prudent de vérifier localement si une visite intérieure est possible.

L’oasis de Fint
À une douzaine de kilomètres de la ville, l’oasis de Fint apparaît au fond d’une vallée encaissée entourée de collines sombres. Après la traversée d’un plateau presque entièrement minéral, la descente vers les palmiers, les jardins et les villages de terre produit un contraste saisissant.
Fint n’est pas seulement un point de vue. L’oasis demeure habitée et cultivée. Une marche entre les villages permet d’observer les canaux, les parcelles agricoles et l’organisation de cette vallée longtemps restée à l’écart des grands axes.
La route d’accès et les pistes peuvent être dégradées après de fortes pluies. Un véhicule adapté ou une vérification préalable des conditions locales peut être utile.
Découvrir : Oasis de Fint : une vallée discrète aux portes d’Ouarzazate

Le complexe solaire Noor Ouarzazate
Le complexe Noor se trouve sur le territoire de la commune de Ghassate, à une dizaine de kilomètres de Ouarzazate. Ses alignements de miroirs et la haute tour de la centrale Noor III sont visibles depuis plusieurs points du plateau.
Le site réunit différentes technologies de production solaire, notamment des centrales thermodynamiques à concentration et une installation photovoltaïque. Il occupe une place majeure dans la stratégie énergétique développée par le Maroc.
Noor n’est cependant pas un monument touristique librement accessible. Les entrées sont contrôlées et les éventuelles visites doivent être organisées ou vérifiées à l’avance. Le complexe doit surtout être compris comme l’un des éléments du paysage contemporain de Ouarzazate.
Approfondir : La centrale solaire Noor Ouarzazate

Le lac El Mansour Eddahbi
À l’est de la ville, le barrage El Mansour Eddahbi retient les eaux qui alimentent notamment la vallée du Drâa. Le lac forme un vaste paysage ouvert, entouré de plateaux arides et de reliefs aux couleurs changeantes.
Le niveau de l’eau varie fortement selon les années et les précipitations. Le site ne constitue ni une plage aménagée ni un espace de baignade surveillé. Son intérêt réside surtout dans les paysages et dans l’observation des oiseaux présents sur les berges et les zones humides.
La retenue appartient au site Ramsar du Moyen Drâa, une vaste zone humide d’importance internationale couvrant plusieurs milieux de la province de Ouarzazate.
A lire : Elhara, un village englouti dans le lac et couvé dans le cœur de ses enfants

Comment se rendre à Ouarzazate ?
Depuis Marrakech
La N9 franchit le Haut Atlas par le col du Tizi n’Tichka avant de redescendre vers la vallée de l’Ounila et Ouarzazate. Le trajet couvre environ 195 km, mais la route de montagne, les virages et les traversées de villages allongent la durée du voyage.
En hiver, la neige peut perturber temporairement la circulation sur le col. De fortes pluies, des travaux ou des éboulements peuvent également ralentir le trajet. Il est conseillé de vérifier l’état de la route avant le départ lorsque les conditions météorologiques sont mauvaises.
Depuis Tinghir et l’est du Sud-Est
La N10 relie Tinghir à Ouarzazate en passant par Boumalne Dadès, Kelaat M’Gouna et Skoura. Cet itinéraire traverse successivement la vallée du Todgha, le Dadès, la vallée des Roses et la palmeraie de Skoura.
La route est goudronnée et relativement facile, mais les traversées de villages et la circulation peuvent augmenter le temps de parcours.
Découvrir : Découvrir Tinghir : la ville-oasis de la vallée du Todgha
Depuis Zagora et la vallée du Drâa
La N9 remonte la vallée du Drâa jusqu’à Agdz, puis franchit le col de Tizi n’Tinififft avant d’atteindre Ouarzazate. Le trajet permet d’observer une transition progressive entre la longue palmeraie du Drâa et les plateaux minéraux entourant la ville.
Depuis Agadir et le Souss
La route passe généralement par Taroudant, Taliouine et Tazenakht. Cet itinéraire traverse les territoires du safran et du tapis Aït Ouaouzguite avant de rejoindre Ouarzazate par l’ouest.
En transport collectif et en avion
Des autocars et de grands taxis relient Ouarzazate à Marrakech, Agadir, Zagora, Tinghir, Errachidia et plusieurs autres villes. Les horaires et les points de départ évoluant régulièrement, il est préférable de les vérifier directement auprès des compagnies ou à la gare routière.
Ouarzazate dispose également d’un aéroport. Les destinations et fréquences changent selon les saisons et les programmes des compagnies aériennes. Il faut consulter les horaires actualisés avant d’organiser son voyage.
Approfondir : Transport à Ouarzazate : comment venir et se déplacer dans la région


Où dormir à Ouarzazate ?
Le centre-ville convient aux voyageurs souhaitant rester proches des commerces, des restaurants, des taxis et des services. Cette localisation est pratique pour une étape courte ou pour les personnes sans véhicule.
Le secteur de Taourirte et de la zone touristique permet de rejoindre facilement la casbah, le musée du cinéma et l’avenue Mohammed V. Plusieurs hébergements disposent également de vues sur l’oued ou sur les anciens quartiers.
La route de Marrakech et le secteur des studios conviennent davantage aux voyageurs motorisés et à ceux qui souhaitent visiter les sites liés au cinéma ou rejoindre rapidement Aït Ben Haddou.
Enfin, les villages et oasis des environs offrent davantage de calme et une relation plus directe avec le paysage rural. Cette solution nécessite généralement un véhicule ou l’organisation préalable des déplacements.
Pour choisir, il faut donc distinguer quatre usages :
- le centre pour les services et les transports ;
- le centre pour les services et les transports ;
- Taourirte pour le patrimoine et la proximité de la ville ;
- la route de Marrakech pour les studios et Aït Ben Haddou.
- les environs pour le calme et les paysages ;
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Quand visiter Ouarzazate ?
Le printemps et l’automne offrent généralement les meilleures conditions pour parcourir la ville et organiser des excursions dans les environs. Les journées sont souvent lumineuses et les températures permettent de marcher plus facilement.
L’été est chaud, surtout au milieu de la journée. Les visites sont alors plus agréables tôt le matin ou en fin d’après-midi. L’air sec et l’altitude rendent toutefois les soirées plus supportables que dans certaines vallées situées plus au sud.
L’hiver est souvent ensoleillé, mais les nuits peuvent être froides. La neige sur le Haut Atlas peut perturber ponctuellement les routes de Marrakech et de Telouet.
Après de fortes précipitations, il convient de rester attentif aux crues, à l’état des pistes et aux passages proches des oueds.
Pour plus d’informations : contactez-nous
Au-delà d’Ouarzazate
La vallée de l’Ounila et Telouet
Depuis Aït Ben Haddou, la route de la vallée de l’Ounila traverse Tamdakht, Anmiter et plusieurs villages de terre avant de rejoindre la casbah de Telouet. Cet itinéraire offre l’une des plus belles traversées du versant sud du Haut Atlas.
Les paysages associent vallées cultivées, falaises colorées, anciens greniers, villages et résidences liées à l’histoire des Glaoua.
Découvrir : Casbah de Telouet : le palais des Glaoua dans le Haut Atlas


Skoura, le Dadès et Tinghir
À l’est de Ouarzazate, la N10 rejoint d’abord la palmeraie de Skoura, vaste territoire agricole parsemé de villages et de casbahs. Elle se poursuit ensuite vers Kelaat M’Gouna, la vallée des Roses, Boumalne Dadès et Tinghir.
Cette route permet de découvrir progressivement plusieurs grandes vallées du Sud-Est, chacune organisée autour de ses villages, de ses cultures et de ses systèmes d’irrigation.
Agdz, la vallée du Drâa et Zagora
Au sud, la route franchit les reliefs du Jbel Saghro avant de descendre vers Agdz et la vallée du Drâa. La palmeraie accompagne ensuite l’oued sur plus d’une centaine de kilomètres en direction de Zagora et de M’Hamid El Ghizlane.
A découvrir : M’Hamid El Ghizlane : seuil vers le désert
Tazenakht et le massif du Siroua
Vers l’ouest, la route de Tazenakht ouvre l’accès aux paysages volcaniques du Siroua et au territoire des tapis Aït Ouaouzguite. Elle permet ensuite de poursuivre vers Taliouine, Taroudant et Agadir.
Ce secteur, moins fréquenté que les routes du Drâa ou du Dadès, constitue un autre prolongement naturel d’un séjour à Ouarzazate.
Approfondir : L’art du tapis berbère

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Ouarzazate souffre parfois de sa réputation de ville-étape. Certains voyageurs n’y voient qu’un lieu où dormir avant de rejoindre Aït Ben Haddou, le Dadès ou la vallée du Drâa. D’autres la réduisent à ses studios de cinéma.
La ville révèle pourtant une histoire plus complexe. Elle est née de la rencontre entre une ancienne oasis, les centres de pouvoir des Glaoua et un projet urbain développé à partir de la fin des années 1920. Le cinéma, le tourisme et l’énergie solaire ont ensuite ajouté de nouvelles dimensions à son identité.
Ouarzazate n’est pas une ville-musée. Son centre est récent, étendu et parfois difficile à lire. Il faut parcourir Taourirte, observer l’oued, retrouver les traces des anciens jardins et prendre de la hauteur pour comprendre la manière dont l’agglomération s’est installée dans ce paysage.
Son principal atout réside enfin dans sa position. Peu de villes permettent de rejoindre aussi facilement le Haut Atlas, la vallée de l’Ounila, Skoura, le Dadès, le Drâa, le Siroua et les grands paysages présahariens. Ouarzazate constitue ainsi moins une porte vers le Sud-Est qu’un véritable carrefour situé en son cœur.


