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La passion du henné

Au Maroc, le henné est le marqueur récurent des moments festifs autant traditionnels que religieux. C’est un symbole d’embellissement incontournable que le bon sens populaire se plait à rappeler sous la forme d’un dicton connu : « mets-toi du henné, et Allah aura pitié de toi ». Tlagmasse et Amina sont des artistes expertes en henné qui peuvent s’enorgueillir du titre de “Hannaya” (ou encore Nekacha, terme utilisé dans la région de Marrakech, ou encore Zayana, dans la région de Tanger). Pour sud-est-maroc.com, elles nous expliquent leur passion.

J’aime le henné

Par Hafsa Bouheddou

« J’ai toujours été passionnée de henné et de tatouage. Ma passion a été également saluée par mon entourage qui m’a beaucoup encouragée à continuer dans ce sens. Mais chemin faisant, de nombreux obstacles m’ont parfois poussé à remettre en question mon choix. »

Tlagmasse est une jeune fille née en 1991. Parallèlement à ses études qu’elle a abandonnées au cycle collégial, elle avait la passion de faire le henné et le tatouage. Elle prenait plaisir à crayonner des formes qu’elle traduisait après à de beaux dessins en henné. Elle a fait de ce penchant un métier. Pourtant, Tlagmasse avoue qu’elle ne pense pas aller plus loin dans ce domaine pour différentes raisons dont le manque d’encadrement et le nombre croissant des femmes qui pratiquent cette activité avec chacune un style qui lui est propre.

Les fêtes et l’été sont les périodes où il y a plus de demande sur le henné de la part de la population locale ainsi quel des touristes. Tlagmasse se distingue par un style oriental dit « lkhetfa ». L’enjeu pour elle et de s’inspirer de l’histoire de la région pour que ses tatouages ne soient pas de simples dessin mais des images significatives.

Pour Tlagmamsse, le henné est aussi une activité dure qui lui provoque des maux au niveau du dos et des jambes. Elle qui passe parfois toute une journée assise surtout pendant les périodes de forte demande. D’autre part, certain clientes retardent leur paiement ou négocie trop le prix initial. Pourtant Tlagmasse veille à satisfaire ses clientes et aime son métier qui est une activité spécifique à la femme dans la culture marocaine.

Une aiguille, du henné et du bonheur

Par Meryem Ouidder

Déjà toute petite, Amina raffolait du dessin, c’est donc aussi naturellement, qu’à peine âgée de treize ans, elle commençait à s’exercer au tatouage en utilisant le henné. Elle ne mettra pas beaucoup de temps pour exceller dans ce domaine.

Aujourd’hui, cette casablancaise peut se targuer de ses douze ans d’expériences non seulement comme tatoueuse au henné (Nakacha) mais aussi comme habilleuse de mariées (Nagafa). Armée de sa gentillesse et de son sérieux, Amina a su, non sans difficultés, se frayer un chemin dans les coulisses de ce métier. Ceux et celles qui ont côtoyé cette dame sont étonnés par la gaieté et l’enthousiasme qu’elle a toujours su propager autour d’elle.

Même si elle ne disposait pas de connaissances préalables, Amina essaie toujours d’actualiser ses connaissance et compétences en tant que tatoueuse au henné professionnelle. Elle est reconnaissante à tous celles qui l’ont formé à ce amétier, plus particulièrement sa voisine.

Amina a réussi à aiguiser ses compétences en s’informant continuellement sur les nouveautés des arts du tatouage au henné et en collectionnant les motifs vendus sous forme de photos ou découpés dans les magazines. Il faut ajouter à cela le fait qu’elle accompagnait régulièrement les tatoueuses les plus réputées qui lui ont inculquée leur savoir faire. Pour allier ses études et sa passion, notre tatoueuse avait besoin de l’appui inconditionnelle de sa mère pour laquelle elle est aujourd’hui profondément reconnaissante : sa mère lui fournissait tout le matériel dont elle a avait besoin pour évoluer dans sa besogne.

Apres avoir terminé ses études, Amina s’est consacrée entièrement à sa passion ; aujourd’hui, cette talentueuse tatoueuse professionnelle se dit impatiente de voir ses œuvres connues d’un large public. Offrir du nouveau à toutes ses clientes est sa devise, c’est pourquoi elle veille constamment à inclure les motifs traditionnels marocains dans ses œuvres.

Comme toutes les Hennayas, Amina a ses secrets d’experte notamment pour faire durer plus longtemps la couleur verte du henné sur les mains des filles célibataires désirant se marier, leur laissant ainsi le temps du succès. Ces pratiques sont effectués dans une ambiance véritablement sacrée en présence du fameux plateau (le sinia) spécialement utilisé pour la pose du henné, plateau lui aussi décoré et accueillant les ustensiles nécessaires : un bol de henné, des oeufs, des dattes, du rouge à lèvre Fassi, de l’eau de rose, du khol beldi, le Miswak, du lait, des cônes à parfum, un pain de sucre (en symbole de la douceur de la vie). Selon Hanaya Amina, le henné mêle le mythe au religieux et porte l’espoir d’augmenter les chances de succès au mariage pour les filles célibataires qui se colorient au henné le pouce et le majeur au henné. C’est ainsi que le jour du henné correspond au jour hebdomadaire des musulmans, le vendredi. On y récite des Hadiths qui vantent les bienfaits de la plante sacrée.

Telle une artiste, Amina exécute ses dessins avec une excellence dont elle est la seule à détenir le secret. Elle use de sa dextérité et surtout de son imaginaire pour faire de la main de sa cliente un réel chef d’œuvre et réussir en conséquence à décrocher un sourire de satisfaction de la part de ses clientes à la fin de chaque séance de tatouage.

Travailler comme tatoueuse au henné est aujourd’hui un métier honorable et largement sollicité. Le prix de la prestation de tatouage, en plus de ne pas exiger énormément de temps, est accessible à toutes les bourses.

La ville de Ouarzazate est réputée pour la qualité de son henné, celui de Tazarine en occurrence. Elle regorge aussi de tatoueuses expérimentées et talentueuses, Amina se dit très fière d’en faire partie. Aujourd’hui elle vit avec son mari, traiteur de profession, dans cette ville aux milles et une kasbahs et source d’inspiration artistique inépuisable.

Pour bénéficier des services d’Amina,
Contactez la au 0524 89 09 63

Crédit Photographie : Abdellah Azizi

www.azifoto.com

Comments (1)

  • Catherine

    Je suis tombée amoureuse du henné dés mes premiers pas au Maroc ! C’est toujours avec bonheur que je ramène ce souvenir sur ma peau en France ! J’ai toujours pensé que faire du henné est un véritable Art … Ces artistes merveilleuses doivent vraiment être reconnues … J’aime montrer leurs créations …

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