Il était une fois le Sud Est du Maroc …

Il fut un temps où ces lieux n’étaient ni à l’Est ni au Sud mais juste à l’orée d’un grand désert vers lequel on ne s’aventurait qu’avec humilité et discrétion. Cette région était alors comme un océan de silence où l’horizon des destinées s’évanouissait. Les roches massives de l’Atlas venaient s’y incliner, les eaux y creusaient vallées et gorges, et la nature recouvrait ses sols d’une végétation propice aux airs torrides environnants. Il fallut aux humains beaucoup de courage, et une détermination sans faille, pour poser en ces terres racines de vie et projets d’existence. Mais ils furent nombreux à le faire, çà et là, près d’un oasis, dans les replis d’une montagne ou sur le fil d’une rivière. Chacun à leur tour, ils écrivirent alors une des pages les plus radieuses de l’histoire de la région, une époque où le commerce transsaharien porta le nom de ses territoires tout autour du bassin méditerranéen.

Il fut un temps où ce bout du Maroc allait être affublé, et pour longtemps, du froid surnom de Maroc inutile. Terres trop lointaines pour être partie prenante des cœurs de civilisation qui rayonnaient dans le reste du pays, comme Fes, Marrakech ou bien Tanger, cette région devint peu à peu le lieu reclus de l’indicible, celui où l’on vient puiser richesses, collecter forces de travail, voiler ce qui ne peut être vu, oublier ce qui doit l’être. Le vent fort et chaud fit se taire les horloges et avec elles tous les souvenirs des histoires humaines vécues en ces territoires.

Il fut un temps où la région enfin s’observa avec l’attention requise et, dans le regard des visiteurs de passage, de plus en plus nombreux, les femmes et les hommes du Sud Est Maroc comprirent qu’un trésor ici était à portée de main. Alors constituée de la réunion des trois principales cités, Ouarzazate, Zagora et Errachidia, la région effaça l’infamie de son surnom d’antan pour graver en fierté sur son front sa nouvelle appellation, « triangle d’or », en écho d’une économie touristique naissante et pleine de promesses.

Les pages du passé peu à peu se remirent à briller

Ce bout du Maroc devint soudain la porte d’un ailleurs vers lequel on se pressait, la nature fut désormais vue comme luxuriante de sa diversité, le silence se mua en sérénité, les modes de vie locaux furent perçus comme une bienheureuse sobriété. Le sable du grand Sahara devint source de jouvence et le soleil jadis assommant, source inépuisable de développement.

Les pages du passé peu à peu se remirent à briller aux yeux de tous émerveillés par tant de gloire méconnue. Les dessins gravés sur la roche des montagnes par les premiers humains exilés de leurs lointaines terres quand ils décidèrent ici de fonder foyer. Les cultures qui ici se rencontrèrent, amazighes, juives, arabes, subsahariennes, pour inscrire dans les territoires de la région Sud Est leurs architectures, leurs chants, leurs gastronomies, tout de leurs arts et usages. Des visages commencèrent à émerger à la surface du temps, des femmes et des hommes qui de leur courage, de leur audace, de leur foi, de leur ingéniosité avaient écrit les pages de vie d’une communauté humaine en perpétuel essor. Tous ces héros, tragiques ou inconnus, ces affrontements et ces réconciliations, ces initiatives et ces échecs, ces souffrances et ces joies, ce tout, tissé les uns des autres, concourra à composer le contenu d’une histoire devenue commune, celle de la région Sud Est du Maroc.

Midelt et Tinghir rejoignirent Ouarzazate, Errachidia et Zagora. Le triangle d’or devint étoile.

Il s’éclaira même d’une nouvelle lumière que c’est depuis cette région Sud Est, d’un lieu nommé Tafilalet que naquit et prit et essor la dynastie Alaouite en charge de la conduite du Maroc de 1631 jusqu’à nos jours.

Aujourd’hui, la région Sud Est a pris le nom de région Drâa Tafilalet dans le cadre du programme de régionalisation avancée lancée en 2015. Ce programme de régionalisation voulu par le Roi Mohammed VI dessine un nouveau Maroc où les territoires et leurs communautés humaines constituent ensemble réunis, région par région, le cœur dynamique et vibrant de la nation toute entière.

Le roman national du Maroc s’écrit désormais à plusieurs voix

Le roman national du Maroc s’écrit désormais à plusieurs voix et celle de la partie Sud Est a quelque chose de plus qui mérite en priorité d’être mise en valeur et transmise au monde : porte des mémoires du passé lointain et foisonnant d’un royaume en pleine croissance, la région Sud Est est aussi et surtout la porte de son avenir radieux car, et la conscience de toute l’humanité en a maintenant compris la vitale et essentielle importance, cette région est le trésor naturel du Maroc, la part écologique de son âme.

Le temps est venu de mieux faire entendre au Maroc comme au monde la voix de la région Sud Est, voix singulière parmi les onze autres car si plurielle dans sa longue histoire.

Le web magazine sudestmaroc.com, dans la continuité de l’expérience du web magazine almaouja.com, va désormais chercher à donner lumière, visages, voix et échos à cette belle histoire de la région Sud Est du Maroc.

Crédit Photographie : Abdellah Azizi
www.azifoto.com

A lire : Ouarzazate, la cité orpheline

2 commentaires
  1. Le Sud Est a vraiment une belle histoire et un avenir prometteur. Ce territoire est riche par sa nature, sa culture et son potentiel humain. Merci pour cette initiative de promotion des richesses de cette région du Maroc.

  2. Quel plaisir de retrouver le magazine qui fait résonner et briller le sud-est marocain loin de ses territoires ! C’est une bonne initiative de l’avoir renommé au plus près de sa vocation et d’avoir ainsi affirmé son identité de porte-parole de cette belle partie du monde. Terre d’espoirs ancrée dans son histoire, le sud-est marocain est peut-être un phare lumineux vers lequel il est bon de se tourner quand tant de choses dans le monde semblent s’acheminer vers les ténèbres.
    Merci à l’équipe d’Almaouja d’avoir repris le flambeau.

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