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L’histoire des femmes de Taznakhte brodée sur les métiers à tisser

longues sont les journées et les nuits de ces femmes tisseuses de Taznakhte. Des fillettes, adolescentes et femmes qui marient art, expression et créativité. Elles construisent le succès et l’engagement au féminin en tissant des tapis dont la beauté et l’authenticité n’ont pas d’égal. Mbarka Bahssi en est un exemple parmi tant d’autres. Une sexagénaire qui a écoulé toute une partie de sa vie à tisser des tapis. Une activité à laquelle elle s’est initiée à l’âge de neuf ans.

Jadis, les métiers à tisser étaient installés dans tous les foyers. Les fils de chaîne et les fils de trame étaient des toiles sur lesquelles les femmes de Taznakhte peignaient de magnifiques tableaux, des tapis riches en couleurs et ornés de différents dessins. C’était surtout des moments de partage, de convivialité et de solidarité réservés exclusivement aux femmes. Laver la laine, la démêler, la peigner, la filer, tout un travail de fourmi mené courageusement par ces femmes désintéressées. Le tissage pour elles était un espace de liberté et de créativité où les femmes racontent librement leur vie à travers les motifs et les couleurs.

Aujourd’hui Mbarka se redresse pour passer au devant de la scène. Dans un contexte culturel et socioéconomique catégoriquement différent du passé, elle renonce au rôle d’une simple fourmi ouvrière qui trime dans l’ombre. Elle multiplie les casquettes dans son association « Tifaoute pour la femme rurale de Taznakhte ». Très active, elle est aussi ambassadrice du tapis de Taznakhte. Elle le représente partout dans le royaume. Les manches retroussées, sa langue est aussi affûtée qu’une lame fine. Mbarka monte au créneau pour dénoncer la situation précaire des pauvres artisanes de tapis. « Les femmes errent assoiffées et affamées avec leurs tapis dans le souk. Elles ont laissé derrière elles des bouches à nourrir, des gosses à scolariser et des factures d’eau et d’électricité à payer. Les intermédiaires, avides de gain, leur jettent des miettes. Ecrasées par le besoin, elles vendent leurs tapis pour rien, leur bénéfice ne dépasse pas parfois 20 dh. C’est injuste » proteste-t-elle. Mbarka défend la cause du tapis de Tazenakht et lance un appel à la concertation et la valorisation de ce précieux produit de terroir. « Notre centre est ouvert. Nous tisserons des tapis tant qu’on a la force de le faire. Je dis aux responsables de s’intéresser à cette catégorie de femmes qui se débrouille avec leurs moyens de bord. Ces femmes qui sauvegardent un patrimoine culturel de grande valeur en l’occurrence le tapis» conclut-elle. Le message passé, Mbarka reprend ses peignes annonçant l’ébauche d’un nouveau tapis.

Là où est déroulé ou est accroché un tapis de Taznakhte, pensons à ces braves femmes débrouillardes qui en sont les artistes. Chaque tapis tissé est l’histoire humaine d’une femme, d’une épouse, d’une mère ou d’une veuve qui y a dessiné ses espoirs et ses maux. En admirant la beauté du produit, rendons hommage à ses artisanes qui racontent leur histoire sur les métiers à tisser brin par brin.

En savoir plus ...

Association Tifaoute pour la femme rurale de Taznakhte
Centre féminin de promotion du Tapis, centre de Taznakhte.
Tel : =212 546 62 82 07 / +212 662 64 99 23

Crédit Photographie : Abdellah Azizi

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Comments (5)

  • Babil Abdoullah

    Cher confrère je tiens à remercier toutes personnes qui ont participé à l’élaboration de se sujet qui s’intéresse aux femmes tisseuses de la région de Taznakhte et j’espère que tout cela offrira un plus pour ces femmes qui méritent vraiment un coup de chapeau. Merci infiniment

  • Ait Elhaj

    Encore un grand merci adressé à Mr Jalil et Abdellah et tous les membres de l’association Almaouja. Nous comptons sur votre site pour la promotion d’un trésor encore ignoré. J’adresse également mes remerciements à l association Tifawine et toute personne ayant participé à l’élaboration de ce travail.

  • Mohamed Saadouni

    Merci pour cet article intéressant !

  • Jean

    Bonjour,
    J’ai visité Tazenakht ,j’ai aussi vu que plusieurs établissements se présentaient comme étant une coopérative. En existe-t-il effectivement plusieurs ou bien certains usurperaient-ils cette identité ?
    Je vous remercie de vos prochains éclaircissements.
    Je confirme le travail de toutes ces femmes artistes est merveilleux.
    Bien cordialement
    Jean

  • Anonyme

    Merci a ceux qui ont pensé a ce trésor. Je suis bien placé pour en parler.
    Je suis natif de Taghdoute. Le berceau de cet art que ces femmes cultivent depuis des générations. Ma maman ont fait partie (que Dieu l’admet au paradis incha allah ).
    Je trouve que ses femmes n’ont pas ce qu’elles méritent. Leurs efforts n’est pas reconnu. Il va falloir trouver d’autres alternatives pour que ces mains d’artistes ne soient pas découragées.
    Cordialement Boussaid Mohamed de Paris

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