Le musée Smayoune du patrimoine

Natif de Tidgheste n’Ait OugrourHassan Ouadroun a quitté son village à un âge précoce.  Il a fait ses études primaires et secondaires ailleurs entre Ouarzazate et  BeniMellal.  Une fois son baccalauréat décroché, il intègre le centre de formation des instituteurs aux années soixante dix. C’est après la retraite de son père qu’il a renoué avec son village natal. Une liaison qui a dévoilé son attachement à sa terre d’origine.

Le destin a conduit finalement Hassan dans son village où il est nommé directeur d’école. Des retrouvailles qui ont bouleversé non seulement sa vie mais aussi sa personnalité. L’histoire et le patrimoine de son douar sont sa principale préoccupation. Il crée alors un musée : « le musée de Smayoune », nom de son petit village. Grâce à la contribution des villageois, Hassan a réussi à collecter des objets authentiques rares : cruches, ustensiles, outils de tissage, vêtements, moulins, pressoirs… Il a également reçu de ses parents des manuscrits remontant à des centaines d’années. Le musée Smayoune est devenu un petit coin qui conserve l’identité de la communauté chleuhe d’Imeghrane. Hassan a aussi aménagé une auberge au sein du musée. Il veut en faire un havre de paix. Un lieu pour héberger les curieux qui désirent découvrir une partie du patrimoine amazigh. L’ambition de Hassan est de créer un musée régional. Un centre de conservation et de valorisation du patrimoine.

Hassan continue son travail de fourmi sans relâche en acheminant différents objets dans son musée. Il ne se contente pas d’inventorier froidement les objets. Il leur ajoute sa touche d’artiste. Une beauté qui suit la candeur et la spontanéité du personnage.

A travers ce projet, Hassan désire transmettre la culture de son village au monde. Il veut en faire surtout une terre d’accueil et de partage. Cette initiative est le produit d’un artiste entrepreneur d’un autre genre. Au musée et auberge s’ajoute la peinture. Hassan orne sa petite caverne d’Ali Baba de beaux tableaux. Des œuvres d’art sans factice. La peinture pour lui est comparable aux « fleurs du mal ». C’est au temps de renfermement et de solitude qu’il a découvert la beauté des couleurs. C’est devant ces tableaux qu’il dévoile ses sentiments tant refoulés.

Sudestmaroc.comComment vous avez eu l’idée de créer un musée et une auberge dans votre village ?

Hassan – Après mes études primaires et secondaires ailleurs, j’ai été affecté comme instituteur dans mon village. Mon travail, mon contact avec les villageois et; mon attirance pour l’histoire de mon douar m’ont poussé à s’intéresser à la conservation du patrimoine local. Les manuscrits que j’ai; reçus de mes; parents m’ont fait découvrir beaucoup de choses sur l’histoire et le mode de vie de ma communauté. Alors j’ai créé le musée Smayoune avec mes propres moyens. J’y passe des moments jusqu’à la tombée de la nuit avec des amis. Ces derniers m’ont  proposé de mettre à leur service des chambres où dormir. L’idée m’est venue de créer une auberge. L’information circule de bouche à oreille. Ça commence à réussir et les villageois prennent conscience de la valeur de ce projet. Ils m’apportent volontairement des objets. Les choses ont beaucoup changé vers le mieux.

Sudestmaroc.comQuelle perspective tracez-vous pour votre projet ?

Hassan – Ce n’est que le début. Je fais progresser les choses lentement. Mon but est d’en faire un musée régional. J’ai contacté certains responsables. Malheureusement je n’ai reçu aucune réponse de leur part. Des visiteurs marocains et étrangers ont beaucoup admiré le musée Smayoune. D’ailleurs j’y ai accueilli des réalisateurs et des acteurs très célèbres. Le musée les a fascinés. Mais je vise un public plus large. Il faut aussi multiplier les efforts pour enrichir le musée parce qu’il représente la mémoire collective de toute une communauté. Tout cela ne peut se réaliser que dans le cadre d’un musée régional.

Hassan – Ce n’est que le début. Je fais progresser les choses lentement. Mon but est d’en faire un musée régional. J’ai contacté certains responsables. Malheureusement je n’ai reçu aucune réponse de leur part. Des visiteurs marocains et étrangers ont beaucoup admiré le musée Smayoune. D’ailleurs j’y ai accueilli des réalisateurs et des acteurs très célèbres. Le musée les a fascinés. Mais je vise un public plus large. Il faut aussi multiplier les efforts pour enrichir le musée parce qu’il représente la mémoire collective de toute une communauté. Tout cela ne peut se réaliser que dans le cadre d’un musée régional.

Sudestmaroc.comQu’en est-il de la kasbah à côté ? Vous pensez à l’exploiter dans votre projet ?

Hassan – Malheureusement elle se délabre. C’est toute une histoire qui s’effrite à cause de notre indifférence. Le musée Smayoune est jouxté par une auberge. Pour élargir cette dernière on n a qu’à restaurer la kasbah et la valoriser. Donc elle peut être une opportunité économique pour les jeunes du village. Il faut qu’on travaille ensemble pour sauvegarder et exploiter cette richesse historique.

A découvrir …

Contact :
Hassan Ouadroun
Tel : 06 77 55 21 07
Tel : 06 61 94 50 73
Email : comite_ennacer@hotmail.fr

Comment s’y rendre :

En voiture depuis Ouarzazate, prendre la direction de Skoura / Errachidia. Au kilomètre 13, après le pont, prendre sur la gauche la R 307 en direction de Demnate Continuer sur 7 km. Un panneau Zaouite Tidgheste indique la piste à suivre sur la gauche.

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