Faisons entendre au monde le sourire du Maroc

La pandémie due au coronavirus COVID-19 se propage dans le monde tel un feu de brousse et aucun recoin de notre planète ne semble être à l’abri. Pour beaucoup d’entre nous, cet événement est une épreuve unique en son genre. Pour d’autres, si nombreux finalement, c’est un drame de plus qui vient frapper leur existence personnelle ou celle de leurs proches. Pour la communauté internationale, cette crise sanitaire se révèle d’une ampleur et d’une complexité rarement encore expérimentées.

Pour l’humanité dans son ensemble, cette crise a sans aucun doute valeur de défi existentiel. S’il est trop tôt pour savoir si la survie du genre humain est en jeu, de nombreuses voix d’ores et déjà prédisent comme conséquence de profondes évolutions des paradigmes de nos sociétés humaines.

Le Maroc n’a pas tergiversé et a très tôt pris les mesures nécessaires pour endiguer la dissémination du virus au sein de sa population. A ce jour, et malgré les nombreux échanges avec le monde que son économie touristique alors foisonnante engrangeait, le niveau de contamination semble restreint. Les touristes sont repartis, l’économie du pays est au ralenti, le confinement de la population s’est mis en place et les gestes de distanciation sociale deviennent la règle dans les lieux publics et au sein des familles. Pour le Maroc comme pour chacun des autres pays la crise a valeur de défi et d’épreuve de vérité.

L’éveil de la solidarité face au réveil de la peur

Alors que résonnaient au grand jour les alarmes, le Maroc n’a pas dérogé au réflexe général qui s’est saisi de toutes les sociétés humaines confrontées à cette même menace du virus. Si l’incrédulité a tout d’abord effleuré certains, arguant que rien de bien grave finalement ne se passait, rien d’autre qu’une bonne grippe, les yeux se sont rapidement ouverts à l’évidence. Quelques-uns, fossilisés dans leurs habitudes, ont certes préféré critiquer les autorités aux manettes. D’autres, bien plus nombreux, ont compris que quelque chose d’important se déroulait et qu’il fallait faire preuve d’un esprit civilisé où s’affirment, dans un même mouvement de responsabilité, l’engagement solidaire de chacun vis-à-vis du collectif et l’affirmation d’une discipline sereine vis-à-vis des instructions des pouvoirs publics dans leurs essais forcément empiriques de prévenir tout développement catastrophique de l’histoire en cours.

Les marocains, face à l’épreuve, ont alors fait nation, et la nation elle-même s’est organisée pour protéger celles et ceux qui la constituent.

Le Roi Mohammed VI a lancé la mobilisation générale en décrétant la création d’un Fonds spécial pour faire face aux lourdes conséquences économiques et sociales de la pandémie du coronavirus. Les contributions financières ont afflué. Entreprises publiques et privées, conseils régionaux, acteurs politiques, hommes d’affaires, officiers supérieurs des forces armées royales, journalistes, artistes, hauts cadres de la fonction publique ou du secteur privé, toutes ces forces vives du Maroc se sont impliquées pour renforcer les capacités du pays.  Ce Fonds spécial a aujourd’hui largement dépassé son objectif initial puisqu’à ce jour il a atteint le montant de 28 milliards de dirhams, et les donations se poursuivent.

Sur un autre front du combat, des milliers d’enseignants marocains se sont mobilisés spontanément pour assurer des cours à distance en faveur des élèves marocains de tous les cycles d’enseignement alors reclus chez eux.

Des entreprises innovantes des secteurs de la santé, de l’éducation, de la sensibilisation et du financement se sont réunies dans un collectif citoyen sous le label « SolidariTECH » afin de mettre leurs compétences managériales et techniques au service de la sécurité et de la facilitation de la vie du citoyen, de la préservation de l’emploi et de la résilience des entreprises.

Les citoyens eux-mêmes depuis leur isolement respectif font écho sur les réseaux sociaux du web aux recommandations de confinement sans cesse répétées et entendues jusque dans les endroits les plus reculés du Maroc : « Reste chez-toi … Reste chez-toi et protège ton pays … Tu aimes ton pays ? Reste chez-toi » … ». Tous font effort de pédagogie dans leurs interventions de sensibilisation vis-à-vis des comportements responsables à adopter.

Le choix entre le meilleur ou le pire n’est pas encore stabilisé

Ici au Maroc, la crise de la pandémie mondiale a cela de positif qu’elle provoque un élan soudain de responsabilité vis-à-vis du collectif. Des solidarités se tissent, des bienveillances s’affirment. Une forme d’élégance prend place dans les discours publics, une envie d’écoute réciproque se manifeste. Des prises de conscience se cristallisent sur ce que doit être le sens civique. L’ampleur des risques encourus interpelle tous et chacun à exprimer et partager le meilleur de soi.

Peu à peu cette épreuve se transforme en une expérience singulière d’où le Maroc, à l’unisson de l’ensemble de la communauté internationale, pourrait ressortir avec un nouveau visage.

Il est bien trop tôt à ce stade de la pandémie pour déjà discerner les traits de ce nouveau visage du Maroc mais il est certain que les rides en seront un peu plus affirmées. Ce sera là l’incontournable saveur de la maturité, le fruit de l’épreuve traversée, l’antichambre de la sagesse. Il est certain encore que l’idée du collectif résonnera différemment, comme l’idée de la solidarité. Le rapport à l’autre, le rapport au monde, en seront bouleversés. Mais personne ne peut à ce jour dire de quel côté penchera la balance des conséquences : le pire comme le meilleur pourraient ressortir de cette épreuve planétaire.

Le nouveau visage de l’humanité est entre nos mains

Tous, individus et nations, sommes aujourd’hui face au même défi existentiel, et à tous s’impose de peser sur le dessin que prendra le nouveau visage de notre humanité.

Le constat du présent fait au Maroc ou ailleurs, celui qui voit la mobilisation massive et spontanée des Etats et du plus grand nombre vers le choix de responsabilité et de solidarité, laisse présager que l’avenir ira vers le mieux. Les réactions des individus, repérées ci et là sur les médias ou dans les voisinages, laissent entrevoir que beaucoup ont l’intelligence de faire de cette pause dans le défilement trop rapide de leur existence une opportunité unique pour enfin ressentir le temps, pour se laisser envahir par la vie, pour redécouvrir les bienfaits de la nature, pour observer en quoi notre destin personnel est intimement lié à celui des autres.

Les dés n’ont cependant pas fini de rouler, et ce choix entre le meilleur ou le pire n’est pas encore stabilisé. Plus que jamais auparavant, ce que nous ferons individuellement de cette crise résonnera entre chacun d’entre nous et dessinera le futur visage de notre collectif.

Nous avons le choix de respecter le confinement ou bien de faciliter la propagation du virus. Nous avons le choix de soutenir l’exercice difficile de la gouvernance face au péril ou bien celui d’hystériser les sociétés sous les feux de la critique. Nous avons le choix d’être solidaires ou bien de nous recroqueviller sur nos seuls intérêts personnels. Nous avons le choix d’offrir à l’autre, et au monde, le sourire, la sérénité et la bienveillance ou bien le choix de lui réserver grimaces, aigreurs et rancœurs.

Le moment est venu de mettre en avant une vision belle et positive de nous-mêmes, du Maroc et de la vie.

Car un jour viendra, proche nous l’espérons tous, où les frontières se rouvriront, et où le monde reviendra au Maroc. Là, le thé une fois encore se partagera, le pain avec, et ensemble nous découvrirons notre nouveau visage, et les traits que nous aurons alors en commun : un peu plus de sobriété et de contentement dans nos existences, un peu plus de solidarité, quelque chose comme un supplément d’âme en nous.

Crédit Photographie : Abdellah Azizi
www.azifoto.com

Appel à témoignage :
Partageons dès aujourd’hui nos expériences de ce moment de confinement et nos réflexions sur le sens de cette période.
Merci de répondre au questionnaire suivant : lien ici
Les témoignages seront publiés prochainement dans un nouvel article.

3 commentaires
  1. Beau reportage parmi d’autres sur tous les continents qui illustrent que nous ne faisons qu’un seul monde, qui invite les hommes, les femmes, les collectivités à être unis contre une force qui met les systèmes économiques à genoux pour repenser de gré ou de force au devenir des Hommes et de leurs modes de vie, pour réaliser que nous ne sommes qu’ensemble, pour retrouver les valeurs de l’humanité et s’émerveiller que les enfants, physiquement épargnés, soient comme une icône sacrée représentative de notre avenir.

  2. Très belles réflexions, merci.
    Dans cette sombre période et d’inquiétude générale, la solidarité des grandes entreprises, fortunes, banques du Maroc, et de tout à chacun, permettra probablement de passer cette crise d’austérité et l’arrêt quasi général de toute activité.
    Le confinement est un espoir, montrant son efficacité pour restreindre et arrêter cette vague dévastatrice.
    Puissions être suffisamment solidaire pour passer cette froide nuit sous un ciel noir et étoilé, se réchauffer du crépitement du feu, patienter la lueur enflammée de l’aube à l’horizon et la douceur de la vie revenue.
    La vie risque ensuite d’en être autrement, et nous l’espérons meilleure pour la planète, plus respectueuse de l’ensemble des êtres et de cette mère terre nourricière.
    Meilleure santé et paix à tous

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