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	<title>Légendes - sudestmaroc.com</title>
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	<description>Sud-Est marocain : territoires, patrimoines et mémoires</description>
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	<title>Légendes - sudestmaroc.com</title>
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	<item>
		<title>Taghonja, la fiancée de la pluie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Eric Anglade]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jun 2026 13:50:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le monde berbère]]></category>
		<category><![CDATA[Légendes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Taghonja est l'un de ces rites anciens où le monde amazigh révèle sa relation intime à l'eau, à la terre et aux saisons. Derrière la petite poupée portée en procession se lit une espérance essentielle : faire revenir la pluie lorsque la sécheresse menace la vie des villages.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="chapo wp-block-paragraph">Taghonja est l&rsquo;un de ces rites anciens où le monde amazigh révèle sa relation intime à l&rsquo;eau, à la terre et aux saisons. Derrière la petite poupée portée en procession se lit une espérance essentielle : faire revenir la pluie lorsque la sécheresse menace la vie des villages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autrefois, dans plusieurs régions amazighes d&rsquo;Afrique du Nord, les populations célébraient ce rituel lors des longues périodes sans pluie, lorsque les récoltes, les pâturages et l&rsquo;équilibre même des communautés étaient en danger.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Anzar, le dieu de la pluie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rite prend sa source dans le mythe d&rsquo;<strong><mark class="has-inline-color has-marron-color">Anzar</mark></strong>. Dans les croyances préislamiques amazighes, Anzar était le dieu du ciel, des eaux, des rivières, des mers, des ruisseaux et des sources, souvent nommé <em><mark class="has-inline-color has-marron-color">Aglid n Ugfur</mark></em>, c&rsquo;est-à-dire « roi de la pluie ». Pour le préhistorien <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gabriel_Camps" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Gabriel Camps</a> et le linguiste <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Salem_Chaker" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Salem Chaker</a>, qui lui consacrent une entrée dans l&rsquo;<em>Encyclopédie berbère</em>, Anzar est avant tout un principe de fertilité : un élément bénéfique qui renforce la végétation et assure la croissance du troupeau. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais derrière le dieu se cache une histoire d&rsquo;amour. Selon la légende, Anzar tomba amoureux d&rsquo;une jeune femme d&rsquo;une beauté merveilleuse qui avait l&rsquo;habitude de se baigner dans une rivière aux reflets argentés. Lorsqu&rsquo;il s&rsquo;approcha d&rsquo;elle, elle s&rsquo;enfuit, et Anzar, blessé, se retira — asséchant la rivière et affamant les troupeaux. Menaçant, il lui déclara : « Tel l&rsquo;éclair j&rsquo;ai fendu l&rsquo;immensité du ciel, ô Toi, Étoile plus brillante que les autres, donne-moi donc le trésor qui est tien, sinon je te priverai de cette eau. » Par amour pour son peuple, la jeune femme finit par céder. Depuis lors, lorsqu&rsquo;il pleut, la légende dit qu&rsquo;elle apparaît dans le ciel sous la forme d&rsquo;un arc-en-ciel, appelé <strong><mark class="has-inline-color has-marron-color">Tislit n Unzar</mark></strong>, l&rsquo;épouse d&rsquo;Anzar. </p>




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<h2 class="wp-block-heading">La poupée et son nom</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est ce mythe que le rite rejoue chaque fois que la sécheresse menace. La fiancée d&rsquo;Anzar, <em>Tislit n Anzar</em> en amazighe, prenait la forme d&rsquo;une poupée habillée en mariée. On habillait de chiffons une poupée de bois, simplement suggérée par un pilon ou une louche, dont les bras étaient figurés par deux cuillers destinées à recevoir et à conserver symboliquement l&rsquo;eau de pluie tant attendue. Dans certains lieux, comme à Tabelbala dans la Saoura algérienne, c&rsquo;est un véritable vêtement qui était taillé et cousu autour de cet assemblage de bois, enrichi de parures diverses, colliers et bracelets — soulignant sans équivoque qu&rsquo;il s&rsquo;agissait bien d&rsquo;une cérémonie nuptiale. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À Marrakech, <strong><mark class="has-inline-color has-marron-color"><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89mile_Laoust" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Émile Laoust</a></mark></strong> décrit avec précision, dans <em><mark class="has-inline-color has-marron-color">Mots et choses berbères</mark></em> (1920), le soin presque liturgique apporté à cette confection : un groupe de femmes veuves ou divorcées, de pieuse réputation, se réunissaient dans la demeure de la plus dévote d&rsquo;entre elles. Elles peignaient les traits du visage — yeux, nez, bouche — à la teinture noire sur la partie bombée de la cuiller, fardaient les joues au rouge, et enveloppaient la tête de foulards de soie avant de remettre la poupée parée à celle qui ouvrirait le cortège.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On la nommait <strong><mark class="has-inline-color has-marron-color">Taghonja</mark></strong>, un nom qui provient de <em>tlaghnja</em>, signifiant « la cuiller à pot » ou « la louche » — objet doublement symbolique, à la fois réceptacle de l&rsquo;eau espérée et instrument lié à la nourriture et à la vie domestique. On lui mettait le henné, on la parait de bijoux. Dans certaines variantes du Rif, on préférait une pelle à vanner plutôt qu&rsquo;une louche — autre réceptacle sacré par sa fonction liée à la récolte. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="558" height="500" src="https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2026/06/Taghonja-02.webp" alt="Poupée Taghonja - Musée Berbère – Marrakech" class="wp-image-8194" srcset="https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2026/06/Taghonja-02.webp 558w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2026/06/Taghonja-02-300x269.webp 300w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2026/06/Taghonja-02-380x341.webp 380w" sizes="(max-width: 558px) 100vw, 558px" /><figcaption class="wp-element-caption">Poupée Taghonja &#8211; Musée Berbère – Marrakech</figcaption></figure>
</div>


<p class="lien"><strong>A lire</strong> : <a href="https://sudestmaroc.com/yennayer-le-nouvel-an-berbere/">Yennayer, le nouvel an berbère
</a></p>



<h2 class="wp-block-heading">La procession</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le moment venu, la femme la plus respectée du village — parfois appelée <em><mark class="has-inline-color has-marron-color">qibla</mark></em>, sage-femme et gardienne des savoirs anciens — procédait à la toilette de la fiancée. Il lui était interdit de pleurer pendant cette préparation, de peur qu&rsquo;on ne pense qu&rsquo;elle ne donnait pas de bon cœur la fiancée à Anzar. Elle chargeait alors la poupée sur son dos pour ouvrir le cortège. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Accompagnées des enfants, les femmes parcouraient ensuite les ruelles du village en chantant des prières et des invocations pour appeler la pluie :</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p><em>A tggunja, a morrja ! A Rabbi auwi-d anzar.</em><br>« Ô Taghonja, ô mère d&rsquo;espérance ! Ô Dieu, apporte la pluie. »</p></blockquote></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La poupée était aspergée d&rsquo;eau au fil du cortège. À chaque seuil devant lequel passait le cortège, les familles jetaient de l&rsquo;eau sur les têtes des participants, s&rsquo;efforçant surtout d&rsquo;atteindre la fiancée, et offraient de la semoule, de la farine, de la viande, de la graisse. Avec ces dons, les femmes préparaient un repas collectif, partagé près d&rsquo;un sanctuaire, d&rsquo;un lit de rivière, d&rsquo;une aire à battre les céréales ou au sommet d&rsquo;une colline. La cérémonie se terminait par une prière implorant le retour d&rsquo;Anzar, devenu pour l&rsquo;occasion le <strong><mark class="has-inline-color has-marron-color">Mari de Taghonja</mark></strong> — <em>Argaz n Taghonja</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le sort réservé à la poupée à l&rsquo;issue de la cérémonie variait selon les régions. Au Tafilalt, les femmes rassemblées engageaient une bagarre rituelle qui se terminait par la destruction du mannequin — et l&rsquo;on conservait précieusement un fragment de la poupée disloquée dans le coffre familial, à cause de la baraka qui l&rsquo;imprégnait encore.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="600" height="388" src="https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2026/06/Taghonja-01.webp" alt="" class="wp-image-8195" srcset="https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2026/06/Taghonja-01.webp 600w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2026/06/Taghonja-01-300x194.webp 300w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2026/06/Taghonja-01-380x246.webp 380w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>
</div>


<h2 class="gb-text gb-text-1de25416">Un rite pan-maghrébin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tradition a été attestée au Rif, en Kabylie, dans l&rsquo;Atlas et dans les Aurès. D&rsquo;autres manifestations similaires furent attestées dans la région pré-saharienne de Merzouga, chez les Aït Khebbach. Si d&rsquo;une région à l&rsquo;autre le nom change — <em>Taghonja</em>, <em>Tarenza</em>, <em>Boughenja</em>, <em>Tislit n waman</em> (la fiancée de l&rsquo;eau) — le geste reste le même : une communauté qui offre symboliquement une épouse au ciel pour qu&rsquo;il lui rende la pluie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce rituel dit beaucoup de la relation ancienne des sociétés amazighes à l&rsquo;eau. La pluie n&rsquo;y est pas seulement un phénomène naturel. Elle est bénédiction, fécondité, retour de la vie dans la terre sèche. Et le mariage — figure centrale de la transmission et de l&rsquo;alliance — devient ici le langage universel par lequel les hommes parlent au ciel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le temps, le rite s&rsquo;est souvent mêlé aux prières adressées à Dieu. Bien que cette tradition soit enracinée dans un culte ancien dédié à Anzar, le rite est aujourd&rsquo;hui largement islamisé, la communauté associant désormais cette prière à la miséricorde d&rsquo;Allah plutôt qu&rsquo;au dieu de la pluie préislamique. Mais derrière cette forme islamisée demeure la trace d&rsquo;un imaginaire plus ancien : celui d&rsquo;un monde où la nature, les femmes, les enfants, les chants et la communauté entière participaient ensemble à l&rsquo;appel de l&rsquo;eau. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Taghonja n&rsquo;est donc pas seulement une poupée portée en procession. Elle est la petite fiancée de la pluie, le visage fragile d&rsquo;une espérance collective. Et quand enfin l&rsquo;arc-en-ciel paraît au-dessus des crêtes, c&rsquo;est elle qu&rsquo;on reconnaît dans le ciel — la mariée qui a consenti, et que la terre remercie.</p>



<p class="lien"><strong>Découvrir notre article</strong> : <a href="//sudestmaroc.com/rites-pluie-berberes-anzar-taghonja/">Les rites de la pluie en pays amazigh : Anzar, Taghonja et la magie de l’eau
</a></p>



<p class="lien wp-block-paragraph"><strong>A découvrir</strong> : <a href="https://sudestmaroc.com/ali-au-capuchon-rite-pluie-berbere/">Ali au Capuchon, le fugitif de la pluie</a></p>



<p class="lien"><strong>Découvrir tous les articles</strong> : <a href="https://sudestmaroc.com/le-monde-berbere/">Le monde berbère
</a></p>



<div class="focus">
<h2 class="wp-block-heading">Note de la rédaction</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La richesse documentaire de ce rite nous doit beaucoup à l&rsquo;ethnologue et linguiste Émile Laoust, dont l&rsquo;ouvrage <em>Mots et choses berbères </em>(1920) reste, plus d&rsquo;un siècle après sa publication, la référence la plus précise et la plus complète sur les cérémonies de la Taghonja à travers l&rsquo;ensemble du Maghreb berbère.</p>
</div>




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			</item>
		<item>
		<title>Tasgedlt : la mystérieuse citadelle des princesses chrétiennes</title>
		<link>https://sudestmaroc.com/le-monde-berbere-tasgedlt-la-mysterieuse-citadelle-des-princesses-chretiennes/</link>
					<comments>https://sudestmaroc.com/le-monde-berbere-tasgedlt-la-mysterieuse-citadelle-des-princesses-chretiennes/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eric Anglade]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Feb 2025 20:01:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Le monde berbère]]></category>
		<category><![CDATA[Légendes]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Près de Tikirt, dans la commune d’Aït Zineb, les ruines de Tasgedlt semblent presque effacées du paysage. Quelques murailles, des tours abîmées, une crête rocheuse, des cavernes ouvertes dans la falaise : il reste peu de chose, mais assez pour que le lieu continue de parler.</p>
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<p class="chapo wp-block-paragraph">Près de Tikirt, dans la commune d’Aït Zineb, les ruines de Tasgedlt semblent presque effacées du paysage. Quelques murailles, des tours abîmées, une crête rocheuse, des cavernes ouvertes dans la falaise : il reste peu de chose, mais assez pour que le lieu continue de parler.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><a href="https://southeast-morocco.com/tasgedlt-christian-princesses-citadel/">English version</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin du XIXe siècle, le Sud du Maroc demeure une terre méconnue pour les Européens. Le pays, sous la dynastie alaouite, contrôle partiellement ces régions, souvent administrées par des tribus locales. En 1883, <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_de_Foucauld" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Charles de Foucauld</a> entreprend un voyage d’exploration dans le Maroc intérieur, alors largement fermé aux chrétiens, notamment au-delà de l’Atlas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Charles de Foucauld se déplace donc sous une identité juive, accompagné du rabbin marocain <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Mardoch%C3%A9e_Aby_Serour">Mardochée Aby Serour</a>, guide et interprète, dont la connaissance du terrain et des communautés locales rendit possible cette expédition. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Son carnet de voyage, publié en 1888 sous le titre <em><mark class="has-inline-color has-marron-color">Reconnaissance au Maroc</mark></em>, marque une étape importante dans la connaissance du Maroc profond. Un récit qui mêle observations géographiques, notes sur les tribus, croquis de terrain et fragments de traditions orales. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors d’un séjour à <mark class="has-inline-color has-marron-color">Tikirt</mark>, un douar de la commune d’Aït Zineb (province d’Ouarzazate), il découvre les ruines d’une mystérieuse citadelle dont les habitants racontent d’étranges légendes.</p>




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<p class="wp-block-paragraph">Voici son récit :</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>« Je profite de mon séjour à Tikirt pour aller visiter les ruines de Tasgedlt, célèbres dans le pays et objet de mille légendes. Elles se composent d’une enceinte presque carrée, jadis garnie de tours sur tout son développement. Les murailles, épaisses, ont dû être en maçonnerie à la base, en pisé dans le haut. Il en reste peu de chose. <br><br>La partie sud est la mieux conservée ; on y voit 7 ou 8 tours ayant encore 3 à 4 mètres.. (…). La forteresse est construite en amphithéâtre sur une côte rocheuse, et se transforme brutalement en muraille verticale où s’ouvrent les bouches de plusieurs cavernes. <br><br>Une ancienne citadelle, des cavernes, voilà plus qu’il n’en faut aux habitants pour voir ici une trace du passage des Chrétiens. »</p><cite>Charles de Foucauld &#8211; <em>Reconnaissance au Maroc</em></cite></blockquote></figure>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="390" src="https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-01-1-1024x390.webp" alt="Les ruines de Tasgedlt vues par Charles de Foucauld" class="wp-image-8276" srcset="https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-01-1-1024x390.webp 1024w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-01-1-300x114.webp 300w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-01-1-768x292.webp 768w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-01-1-380x145.webp 380w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-01-1-800x305.webp 800w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-01-1-1160x442.webp 1160w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-01-1.webp 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les ruines de Tasgedlt vues par Charles de Foucauld</figcaption></figure>
</div>

<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="461" src="https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-01-1024x461.webp" alt="Les ruines de Tasgedlt aujourd&apos;hui" class="wp-image-8277" srcset="https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-01-1024x461.webp 1024w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-01-300x135.webp 300w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-01-768x346.webp 768w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-01-380x171.webp 380w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-01-800x360.webp 800w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-01-1160x522.webp 1160w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-01.webp 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le même site aujourd&rsquo;hui &#8230;</figcaption></figure>
</div>


<h2 class="gb-text">Une forteresse entre mythe et histoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les vestiges de<mark class="has-inline-color has-marron-color">Tasgedlt</mark>, bien que partiellement détruits aujourd&rsquo;hui, laissent entrevoir l’ampleur de cette ancienne fortification. Ses murailles épaisses, faites d’un mélange de maçonnerie et de pisé, témoignent d’un savoir-faire architectural adapté au climat aride de la région. Son emplacement, dominant le paysage, évoque une fonction défensive. Il permettait de surveiller les alentours, les passages, les terres cultivées et les abords de l’oued Imini. Les cavernes situées sous la citadelle auraient pu servir de refuges ou de caches pour les vivres, même si leur fonction exacte demeure difficile à établir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les habitants de la région évoquent une légende qui entoure ces ruines :</p>



<figure class="wp-block-pullquote"><blockquote><p>« Il y a bien des siècles, trois princesses, filles d’un roi chrétien, régnaient sur ces contrées. L’une, Doula Bent Ouâd, résidait dans la forteresse de Tasgedlt ; une autre, Zelfa Bent Ouâd, en habitait une semblable près de l’Asif Marren, à Teççaiout ; la troisième, Stouka Bent Ouâd, habitait une forteresse semblable à Taskoukt, sur l’oued Imini. En ces trois lieux, il subsiste encore des ruines similaires. »</p><cite>Charles de Foucauld &#8211; <em>Reconnaissance au Maroc</em></cite></blockquote></figure>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="461" src="https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-02-1024x461.webp" alt="Les ruines de Tasgedlt dessinées par Charles de Foucauld" class="wp-image-8275" srcset="https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-02-1024x461.webp 1024w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-02-300x135.webp 300w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-02-768x346.webp 768w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-02-380x171.webp 380w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-02-800x360.webp 800w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-02-1160x522.webp 1160w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-02.webp 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Les ruines de Tasgedlt dessinées par Charles de Foucauld</figcaption></figure>
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<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="461" src="https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-02-1024x461.webp" alt="Les ruines de Tasgedlt aujourd&apos;hui." class="wp-image-8278" srcset="https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-02-1024x461.webp 1024w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-02-300x135.webp 300w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-02-768x346.webp 768w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-02-380x171.webp 380w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-02-800x360.webp 800w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-02-1160x522.webp 1160w, https://sudestmaroc.com/wp-content/uploads/2025/02/Monder-berbere-Tasgedlt-Nouveau-02.webp 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">Le même site aujourd&rsquo;hui &#8230;</figcaption></figure>
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<p class="wp-block-paragraph">Selon cette tradition orale, les musulmans menèrent de longues guerres contre ces princesses avant de les chasser. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Charles de Foucauld reste toutefois prudent. Il note lui-même qu’il est plus probable que les trois kasbahs aient été l’œuvre d’un même sultan, peut-être celui qui fit construire le pont de l’oued Rdat. Cette remarque est importante. Elle ne détruit pas la légende, mais elle distingue deux niveaux : d’un côté la mémoire orale, qui donne un visage au lieu ; de l’autre l’hypothèse historique, qui rattache les ruines à un pouvoir politique et à une organisation du territoire.</p>



<h2 class="gb-text">Mémoire collective et vestiges d’un passé oublié</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les légendes autour de la citadelle se transmettent de génération en génération. Dans une culture où l’histoire s’écrit avant tout à l’oral, ces récits jouent un rôle fondamental dans la transmission du patrimoine. Les anciens du village racontent encore que des bruits étranges se font entendre la nuit aux abords des ruines, comme si l’esprit des trois princesses continuait de hanter ces lieux. Certains voient dans ces légendes une manière de préserver le souvenir d’un passé lointain, mêlant mythe et réalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La forteresse de Tasgedlt n’est pas un cas isolé. Dans tout le Sud marocain, on retrouve des ruines de citadelles ayant servi à la défense des routes commerciales. Des sites comme Tamnougalt ou Tazenakht témoignent de l’organisation de ces territoires, où chaque fortification jouait un rôle de bastion face aux invasions ou aux rivalités tribales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, le <mark class="has-inline-color has-marron-color">douar Tadoula</mark>, où se trouvent les vestiges de cette ancienne citadelle, pourrait conserver dans son nom l’écho de <mark class="has-inline-color has-marron-color">Doula Bent Ouâd</mark> la princesse associée à Tasgedlt. Rien ne permet de l’affirmer avec certitude, mais cette proximité entre le nom du lieu et le récit transmis donne à la ruine une profondeur particulière. Entre architecture, mémoire orale et croquis anciens, Tasgedlt demeure l’un des sites les plus mystérieux de la région d’Ouarzazate.</p>



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</a></p>




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